mercredi 9 août 2017

FONDS PETROCARIBE : EX-PREMIERS MINISTRES ET MINISTRES VISÉS

Laurent Lamothe entend lutter jusqu'à brûler ses dernières
cartouches
Campagne tous azimuts pour saborder l’enquête

Les fonds volés ou détournés investis dans la défense des accusés...

Par Léo Joseph 

Les personnalités qui ont participé au pillage du Fonds PetroCaribe, présentement dans le collimateur des membres de la Commission d’enquête du Sénat sur la corruption, utilisent les fonds volés ou détournés pour financer une vaste campagne visant à saborder l’enquête en cours. Si des anciens Premiers ministres et ex-ministres figurent sur la liste des personnes visées, des sources autorisées font croire que l’ex-Premier ministre Laurent Salvador Lamothe, déterminé à se porter candidat à la présidence, en 2020, prend la tête de l’opposition contre l’initiative en cours au Grand Corps ayant pour objectif l’identité des acteurs dans cette méga escroquerie orchestrée contre le pays. Entre-temps, ceux qui ont participé à la valse des millions, sous les administrations Préval et Martelly, font la une de l’actualité.

Jean-Max Bellerive est de tout repos,
car il prie.
Si la malversation contre les recettes provenant du brut vénézuélien a débuté avec René Préval, les faits découverts par l’enquête montrent que c’est sous l’administration Martelly-Lamothe que le brigandage a connu sa a plus grande ampleur. Car Martelly a eu le plus grand nombre d’« agents » engagés dans le pillage. 

En effet, une source proche de la Commission éthique et anticorruption du Sénat a révélé que des millions et des millions de dollars ont été détournés par le biais du ministère du Plan et de la Coopération externe (MPCE). Ce n’est pas par hasard que Michel Martelly a eu quatre ministres à ce département. Il s’agit de Laurent Salvador Lamothe, Jude Hervé Day, Josépha Raymond Gauthier et Yves Germain Joseph. Alors que Jean Max Bellerive avait, auparavant, occupé ce poste sous René Préval, avant d’être muté à la primature, sous ce même gouvernement.

Les vedettes du détournement du Fonds PetroCaribe

Si les premiers bégaiements du vol du compte PetroCaribe ont commencé avec René Préval, c’est plutôt sous Michel Martelly que le pillage a pris corps sans retenu. On en veut pour preuve le nombre de ministres et Premier ministre impliqués dans cette opération. Des données mises en évidence, dans le cadre de l’enquête de la Commission éthique et anticorruption du Sénat, permettent de prendre connaissance de tels faits.

Nonie Mathieu, qu'est-ce qu'elle est
venue chercher dans cette galère.
À noter que pour la première fois est cité le nom d’un haut fonctionnaire qui ne soit pas membre du Cabinet ministériel. En effet, suivant les mêmes sources, Nonie Mathieu, ancienne présidente de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA), qui est jusqu’ici membre de cette même institution, fait l’objet d’un intérêt spécial par le Comité dirigé par le sénateur Évalière Beauplan. On apprend que la Commission recommande que le dossier de Mme Mathieu soit transféré à la Chambre des députés pour les suites légales nécessaires. Car accusée de « fautes graves commises dans l’exercice de ses fonctions».

Selon la Commission, en tant qu’entité ayant la responsabilité d’approuver les contrats, la CSCCA, sous la gouverne de Nonie Mathieu, a agréé des « contrats illégaux ». Cela laisse croire qu’il y a eu motif pou l’inciter à prendre pareilles décisionss. Aussi croit-on que de tels verdicts seraient liés à des pots de vin.

La liste des vedettes du détournement de Fonds PetroCaribe s’allonge avec le nom de Jean-Max Bellerive, ancien Premier ministre, sous le gouvernement de l’homme de la Marmelade. M. Bellerive est visé par la Commission pour « forfaiture, concussion, violations avérées de la loi de passation de marchés de 2009, de la loi d’urgence de 2010 (article 7.5, et de népotisme (...) ».

Entre-temps, Jean-Max Bellerive dit être de tout repos, car n’ayant, à son avis, commis rien d’illégal.

Dans les milieux proches de la primature, sous René Préval, on affirmait qu’une firme de construction ayant appartenu à la femme dominicaine de Bellerive aurait bénéficié d’un contrat octroyé dans les mêmes conditions qui mettent Nonie Mathieu en porte à faux avec la Commission. 

Florence Duperval Guillaume
En tant que Premier ministre, sous le gouvernement Martelly, Laurent Salvador Lamothe est accusé de « violations systématiques » de la loi de passation de marchés de 2009, aussi bien que de parapher des « contrats antidatés ».

Dans le dossier du Centre national des équipements(CNE), l’ex-titulaire des Travaux publics et des Télécommunications(TPTC), Jacques Gabriel, l’ancien ministre des Finances et desAffaires économiques, Daniel Dorsainvil, ainsi que l’ex-directeur général du Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD), Michael Lecorps, est pris pour « détournements de fonds publics ». 

Au ministère des Finances et des Affaires économiques, les deux titulaires qui y ont joué à la chaise vide, sous Michel Martelly, sont visés. Il s’agit de Wilson Laleau et de Marie-Carmelle Jean-Marie. De même que l’ex-ministre de la Planification et de la Coopération externe Josépha Gauthier sont tous épinglés pour « complicité de détournement de fonds et forfaiture ». À cet égard, on parle de décaissements injustifiés pour le compte des sociétés GTC et Tropic Build.

De son côté, l’ex-ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développementrural, Hébert Docteur, est accusé d’« usurpation manifeste de titre ». M. Docteur est cité pour avoir, sans qualité, ni titre, signé une résolution en lieu et place de l’ex-Premier ministre Garry Conille.

Hervé Day
Sur la liste de hauts fonctionnaires qui auraient été référés à la Chambre des députés pour les suites légales nécessaires figure aussi Florence Duperval Guillaume, ancien ministre de la Santé publique. Elle est accusée de « faux et usage de faux », pour avoir signé un contrat avec une personne morte.

D’autre part, Michael Lecorps, ex directeur du Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD), est visé pour « forfaiture, concussion, fraude constatée dans les livres comptables du BMPAD et des TPTC ».

Marie-Carmelle Jean-Marie méprise la Commission
souverainement
En outre les membres du Comité d’appel d’offres restreint, au ministère de la Planification et de la Coopération externe (MCPE), à savoir Hervé Day, Lionel Grand-Pierre et Jules Content, se trouvent en difficulté pour « violation systématique des lois de passation des marchés ».

On ne peut prévoir comment va finir ce pugilat entre la Commission éthique et anti-corruption du Sénat et les vedettes du pillage du Fonds PetroCaribe. Dans la mesure où Laurent Lamothe n’entend faire économie de millions pour sortir de ce pétrin, les paris sont ouverts. Surtout quand on sait qu‘il passe pour maître dans l’art d’utiliser le billet vert. Puisqu’il en avait donné une démonstration face à un Parlement récalcitrant qui lui donnait du fil à retordre pour le ratifier comme Premier ministre.

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