dimanche 30 avril 2017

Mes vœux de succès à Grands Débats

Michèle Bennett Duvalier
Grands Débats fêtent ses 10 ans de création. A cette occasion, je vous souhaite un Heureux Anniversaire et que l'année qui s'annonce soit pleine de réussite et de succès pour votre forum qui réunit les secteurs politiques, économiques et sociaux. Je suis ravie et flattée de faire partie de votre grande famille.

A Rulx Valmé, ayant trouvé auprès de vous un accueil chaleureux et beaucoup de sollicitude lors de mon arrivée sur facebook, je vous présente mes félicitations.

Bien sincèrement,

Michèle Bennett Duvalier
Paris, France
Le 30 Avril 2017


samedi 29 avril 2017

10 bougies pour Grands Débats

« Toutes les opinions sont respectables. Bon. C’est vous qui le dites. Moi, je dis le contraire. C’est mon opinion : respectez la donc! » Spectacle, 1951 de Jacques Prévert.

Chers membres,
Il y a de cela 10 ans le forum Grands Débats a pris naissance sur Yahoo Groupes, à Port-au-Prince à la suite de mon expulsion de Haitian Politics pour mon opinion politique. Ce groupe qui pratiquait la censure et qui prônait la pensée unique n’a pas fait long feu sur la toile, victime de sa propre stratégie qui est contraire au web social et à la démocratie. Les modérateurs de ce forum ignoraient dans quel but le web 2.0 a été créé. A cette époque, Facebook était à l’état embryonnaire et les groupes Facebook n’existaient pas encore.
Mon objectif en créant ce forum était de réunir tous les secteurs : politique, économique et social, un forum différent de Haitian Politics. Un vrai forum de discussion où tous ceux ayant des opinions divergentes peuvent communiquer, échanger leurs points de vue sur tous les sujets d’actualité dans le respect mutuel. C’est ainsi que des milliers d’invitations avaient été envoyées afin d’atteindre cet objectif. Le groupe continue son évolution à travers d’autres plateformes : Facebook, Twitter, Blogger et YouTube.
Je remercie tous les membres, particulièrement les intervenants qui envoient leurs messages via le réseau. Sans vous le groupe n’existerait pas. Vous êtes le pilier de Grands Débats. Encore une fois merci !
Je profite également pour remercier Medgy M. Séraphin qui a parcouru un long chemin avec moi. Mes remerciements vont aussi à Me Serge H. Moïse et spécialement à Michelle Mevs qui s’est révélée une véritable « femme doubout ».
Patriotiquement,

Rulx Valmé

lundi 24 avril 2017

ARRÊTEZ DE METTRE LA POUSSIÈRE SOUS LE TAPIS

Le Président Jovenel Moise.  sa droite, Cholzer Chancy, Président de la Chambre
Legislative,et à sa gauche, Youri Latortue, Président du Sénat.
MES POINTS DUR LES I DE MICHELE BENNETT DUVALIER
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ARRÊTEZ DE METTRE LA POUSSIÈRE SOUS LE TAPIS.
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Encore des inondations dans le Grand Sud.
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100 Millions de gourdes, soit 1 Million 500 Mille Dollars US pour la Caravane Présidentielle.
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"Il faut terroriser les terroristes!". Charles Pasqua (Ancien Ministre de l'Interieur - Homme politique français)
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Depuis Samedi, de Torbeck à Camp-Perrin, de la Ville des Cayes à Port-Salut, des Anglais à Arniquet et Cavaillon, de Tiburon à Aquino et Roch-Bateau, des averses ont provoqué la mort de deux personnes, des inondations dans ces différentes villes et communes, des pertes de bétail, des pertes agricoles, des éboulements et glissements de terrains, de nombreuses routes détériorées, des maisons inondées. Port Salut est isolé par l'effondrement de son Pont.

Une fois encore une grande partie de la population du Sud est sinistrée et livrée à elle même. La Mairie des Cayes a procédé à une distribution de kits alimentaires à 500 familles et 200 bâches ont été distribuées par La Croix Rouge à Cavaillon.

Encore des miettes pour une population en souffrance! Encore des miettes pour une population en grande désespérance. La Ville des Cayes aurait-elle seulement mérité un Carnaval à 240 millions de Gourdes, quelques coups de tafia et des chansons grivoises après le passage du cyclone Matthew?

On est en pleine période pluvieuse et rien n'est fait à long terme pour pallier à ce genre de catastrophe naturelle et rien n'est fait non plus pour prévoir la période cyclonique qui s'étend de Juin à Novembre. Pendant ce temps, à Port-au-Prince, des "terroristes" ont osé s'en prendre à l'important cortège du Président en lançant des petits cailloux sur les voitures au niveau de la Ville de l'Arcahaie la semaine dernière.

Oh Seigneur! Quel crime de lèse-majesté! Le Ministre de l'intérieur, en bon Inspecteur Gadget en profite pour demander à son confrère des Finances de décaisser 💯 Millions de Gourdes pour assurer la sécurité de la Caravane du Changement prévue pour le 1er Mai prochain dans le Département de l'Artibonite et procéder à des "filatures". (Voir Photo). Cette demande qui devait rester confidentielle à fait le tour des réseaux sociaux.

Personnellement, cette demande de 💯 Millions de gourdes ne me choque pas si vraiment la sécurité du Chef de l'Etat est menacée. En voiture blindée, que risquait le Président? Des terroristes à Haiti? Je rêve! Pourquoi avoir dramatisé un incident aussi banal qu'un petit barrage routier fait par une poignée de riverains mécontents qui manifestent depuis l'année dernière? Et quelques jours après, un fou pénétre à l'intérieur du Palais National en pleine nuit (en l'absence du Chef de l'Etat) et est maîtrisé par les services de Sécurité. Que de coïncidences pour justifier la fuite dans la presse de la requête des 💯 millions de l'inspecteur gadget du Ministère de l'intérieur!

Des terroristes? Je vis à Paris et depuis plus de 2 ans, la France doit faire face à de graves attentats terroristes (des vrais! Pas des imaginaires!), à Paris, à Nice, et autres villes. Des attentats ou des centaines d'hommes, de femmes ont déjà perdu la vie. Pas plus tard que Jeudi dernier, un policier de 35 ans a été assassine par un terroriste (un vrai) sur les Champs Elysées.

Les 4 portes-paroles de la Présidence devraient avoir plus de retenue dans leurs déclarations, sinon ils vont finir par évangéliser la population Haïtienne. Mesdames, Messieurs les Porte-Paroles, Arcahaie n'est pas la Bande de Gaza.

Que pourrait faire le Gouvernement avec 💯 millions de Gourdes?

Quelques examples:

- Prendre en charge les sinistrés du Grand Sud.
- Mieux équiper les hôpitaux de Jérémie et des Cayes.
- Reconstruire certaines écoles dans les communes sinistrées ou de nombreux enfants ont abandonné l'école depuis le passage de l'ouragan Matthew.
- Aider les agriculteurs à s'équiper en outils aratoires, semences et bétail.
- Les Travaux Publics pourraient faire des travaux de drainage dans la Ville des Cayes.
- Payer les arriérées de salaire des professeurs d'école.

La résolution prise par le Gouvernement Moise/Lafontant de réduire les dépenses de l'Etat sont-elles des paroles en l'air? Ces 💯 millions demandés par notre Inspecteur Gadget me rappellent les 350 millions demandés par le Gouvernement Privert/Enex Charles pour aider les familles en difficulté lors de la rentrée scolaire de 2016-2017 (voir photo).

Comme par hasard, mes Poules de Luxe du Sénat n'ont pas interpellé le Ministre de l'Intérieur à ce sujet lors de la dernière séance jeudi dernier. Ayant reçu chacun 1 Million de gourdes de subvention pour les fêtes de Pâques.

Que des gâteries pour ces Messieurs! Et le peuple n'a que des miettes et ses yeux pour pleurer.

Michele Bennett Duvalier
Paris, France
Le 25 Avril 2017





samedi 22 avril 2017

Plaidoyer pour la création d’une Secrétairerie d’État aux droits linguistiques en Haïti


L’épineuse « question linguistique haïtienne » --étudiée par Pradel Pompilus entre autres dans sa thèse de doctorat soutenue à la Sorbonne en 1961, « La langue française en Haïti »--, fait régulièrement la « Une » dans les médias, au pays comme en outre-mer. De différentes manières, elle est mise en débat tant par de simples citoyens que par des enseignants et des linguistes. De plus en plus nombreux sont ceux qui s’efforcent de mieux comprendre cette complexe problématique linguistique et des linguistes s’efforcent de la dénouer à la lumière des sciences du langage. Pour notre part, nous avons une nouvelle fois contribué à cet éclairage par la publication, le 7 février 2017, du texte « Les grands chantiers de l’aménagement linguistique d’Haïti (2017 – 2021)[1] » qui expose à la fois une claire vision de l’aménagement concomitant de nos deux langues officielles et l’impératif de la formulation/mise en œuvre de la première politique linguistique nationale de l’État haïtien qui saura instituer pareil aménagement.

Deux articles parus récemment en Haïti et en outre-mer ont retenu l’attention des enseignants, des linguistes, des didacticiens et de nombre de personnes qui s’intéressent aux défis actuels du système d’éducation nationale et à la question des droits linguistiques au pays.

Le premier, consigné à Port-au-Prince dans Le Nouvelliste du 4 avril 2017, s’intitule « La difficile feuille de route du ministre de l’Éducation nationale ». L’auteur de ce texte, Robenson Geffrard,  précise que le nouveau ministre de l’Éducation nationale, l’enseignant de carrière Josué Agénor Cadet, a hérité « d’un système éducatif en crise » et qu’il « (…) devra concrétiser les 26 points de sa feuille de route ». Parmi ces points on a noté que Josué Agénor Cadet aura à « développer un réel partenariat avec l'Akademi kreyòl ayisyen (AKA) et la Faculté de linguistique appliquée, en vue d'aborder la problématique de la langue d'enseignement dans le pays ». Il devra également « Entreprendre des politiques d'aménagement éducatif et linguistique, en vue de parvenir à un bilinguisme créole/français équilibré, et de promouvoir le multilinguisme dans le pays ».

Le second, paru en Martinique le 6 avril 2017 sur le site Montray kreyòl, a pour titre « L’illettrisme en Haïti : un mal qui renforce l’analphabétisme et qui est pris en patience ». Son auteur, le linguiste Renauld Govain, est le doyen de Faculté de linguistique appliquée de Université d’État d’Haïti. Il est l’auteur de plusieurs articles scientifiques scrutant une réalité historique souvent oblitérée par certains prédicateurs créolistes, le patrimoine linguistique haïtien bilingue créole-français. On (re)lira avec profit « La situation de l’enseignement du français à l’Université d’État d’Haïti », par Govain R. et Mimy H. (2006), ainsi que « L'état des lieux du créole dans les établissements scolaires en Haïti », par Renauld Govain (2014), études que nous avons analysées en décembre 2014 dans l’article « Le droit à la langue maternelle : retour sur les langues d’enseignement en Haïti ».

Dans l’optique du futur aménagement concomitant des deux langues officielles d’Haïti, le créole et le français, plusieurs volets de ces deux articles interpellent un prolongement de la réflexion qui doit en amont s’enraciner dans les sciences du langage, dans la jurilinguistique, et ainsi accompagner des actions éclairées et durables.

L’article de Robenson Geffrard expose avec objectivité les chantiers sectoriels qui ont rendez-vous avec l’Éducation nationale. À l’aune des défis qu’aura à relever Josué Agénor Cadet, il faut savoir qu’en 2017 il ne s’agit pas de réécrire l’histoire d’Haïti de 1804 à nos jours… comme s’il fallait, pour la première fois, « (…) aborder la problématique de la langue d'enseignement dans le pays ». Cette problématique a été amplement diagnostiquée par nombre d’experts, entre autres par le GTEF (Groupe de travail sur l’éducation et la formation) dans le document intitulé « Façonnons l’avenir » de mars 2009 (voir « Les 33 recommandations du GTEF » et son rapport synthèse « Pour un pacte national pour l’éducation en Haïti » d’août 2010). Celui-ci traite de la problématique de « L’enseignement des langues (p. 148); il précise l’objectif d’ « apprendre dans sa langue maternelle et [de] maitriser les deux langues officielles du pays (p. 173). Il précise également que « la demande est (…) que l’École fondamentale habilite l’enfant, dès la fin de la scolarité obligatoire, à être fonctionnel dans les deux langues officielles du pays ». L’impératif de l’apprentissage des savoirs et des connaissances dans la langue maternelle de l’enfant, exposé par l’UNESCO il y a plus de cinquante ans, est soutenu par les linguistes et les didacticiens ainsi que par de nombreux enseignants haïtiens alors même qu’il fait encore l’objet, en Haïti, de multiples préjugés, de clichés réducteurs et d’approximations délirantes relevant la plupart du temps de l’ignorance, de l’incompréhension et de la cécité idéologique. La généralisation obligatoire de la scolarisation dans la langue maternelle de la majorité des apprenants, le créole, n’est toujours pas placée au coeur de la refondation de l’École haïtienne réclamée depuis fort longtemps et en particulier à la suite du séisme de 2010 qui a lourdement affecté les infrastructures scolaires et le personnel enseignant.

Le ministère de l’Éducation nationale est préoccupé depuis nombre d’années par « (…) la problématique de la langue d'enseignement dans le pays ». Il a fait paraître en 2000 un document de qualité, « L’aménagement linguistique en salle de classe – Rapport de recherche » (éditions Ateliers de Grafopub, 272 pages) document peu connu et devenu rare. Aucun texte accessible du ministère de l’Éducation nationale ne consigne une quelconque suite opérationnelle qui aurait été donnée depuis 17 ans aux recommandations de cet important rapport de recherche…

Quant à lui, l’article de Renauld Govain ratisse large et expose avec acuité le dispositif de l’illétrisme/analphabétisme, « deux freins au développement » du pays. Le diagnostic qu’il pose peut paraître sévère mais il est juste et bien argumenté. Il définit avec rigueur les deux phénomènes dans leurs sphères autonomes comme dans leurs rapports transversaux, et il démontre que « L’analphabétisme et l’illettrisme massifs en Haïti constituent un frein au développement et restreignent les droits des citoyens », d’autant plus que « L’illettrisme dont il est ici question concerne à la fois le créole --la langue première de 100% des Haïtiens-- et le français, la principale langue de scolarisation ». Renauld Govain est l’auteur de « Dix nouvelles années d'alphabétisation en Haïti : quel bilan tirer ? » paru en septembre 2005 dans Le Nouvelliste. Bien au fait de l’échec des trente dernières années en alphabétisation, il pose sans complaisance que les « campagnes d’alphabétisation constituent une machine à fabriquer des illettrés », en particulier lorsqu’elles sont dévoyées par un pouvoir d’État populiste et démagogique comme c’était le cas durant les présidences de Préval et d’Aristide. L’analyse de Renauld Govain est conforme à l’observation objective de la réalité lorsqu’elle expose que « L’école haïtienne est aussi un lieu de fertilité pour l’illettrisme. Ainsi, l’illettrisme haïtien est le résultat de la qualité de l’enseignement/apprentissage des deux langues à l’école, y inclus les expériences d’alphabétisation. »

Renauld Govain propose --avec clairvoyance, hauteur de vue et à contre courant du « tout en créole tout de suite » prôné par le linguiste Yves Dejean[2] et l’inaudible Académie créole--, d’« Introduire le français dans le processus d’alphabétisation ». Il assume que « Les observations sans passion sont –et cela a toujours été le cas– favorables à l’introduction du français dans les campagnes d’alphabétisation. Cela s’inscrit dans le cadre d’une démarche de justice sociale, le pays possédant deux langues officielles. L’école haïtienne prône, à partir de la réforme éducative de 1979, un bilinguisme équilibré et la connaissance du français offre des avantages sociaux que celle du créole uniquement ne donne pas. » Cette exigeante manière de poser l’obligation de « l’équité des droits linguistiques » dans le système éducatif haïtien est aujourd’hui portée par les linguistes se réclamant, en Haïti et en outre-mer, du courant des « droits linguistiques » à instituer au pays. Elle démystifie le catéchisme fondamentaliste d’Yves Dejean qui, pour contrer « l'exaltation de l'idole française », a longtemps prêché que « Fransé sé danjé » (revue Sèl, 1975, New York, no 23 – 24, p. 32 - 39).

Les deux articles, « La difficile feuille de route du ministre de l’Éducation nationale » et «  L’illettrisme en Haïti : un mal qui renforce l’analphabétisme et qui est pris en patience », à l’instar des nombreux diagnostics du système éducatif haïtien des trente dernières années, renvoient à une question centrale à laquelle le ministère de l’Éducation nationale devra impérativement répondre : en conformité avec les sciences du langage, quelle est aujourd’hui la vision la plus rassembleuse, la plus juste de l’aménagement des deux langues officielles d’Haïti dans le système national d’éducation ? Faut-il intervenir dans ce système uniquement sur le créole ou au cas par cas, de manière politicienne, pour y injecter des « programmes » oblitérant les droits linguistiques de tous les Haïtiens et dénués d’une vision d’ensemble?

S‘agit-il d’encombrer le système éducatif haïtien de « mesures cosmétiques » ou de propagande « poudre aux yeux » comme les « 36 actions opérationnelles » ou les « Douze mesures majeures pour améliorer la qualité de l’éducation et la gouvernance du système éducatif » ? Ces « mesures  majeures », incantatoires et cosmétiques, annoncées le 8 août 2014 par Nesmy Manigat, ministre Tèt kale de l’Éducation nationale, se sont révélées  improductives malgré le cocorico promotionnel tardif du sociologue Fritz Dorviller dans un article du Nouvelliste, « Sur la pertinence de la gouvernance éducative de Nesmy Manigat »… (À propos de cette « gouvernance éducative », voir notre bilan critique « L’exil programmé de la langue créole dans le système éducatif haïtien[3] »). Faut-il en 2017 recycler ce type de « mesures majeures », des « arrêtés présidentiels » borgnes et invariablement décoratifs, qui confortent la confusion théorique et le défaut originel de vision, du type « Pwotokòl akò ant Ministè Edikasyon nasyonal ak fòmasyon pwofesyonèl (Menfp) ak Akademi kreyòl ayisyen (Aka) » daté du 8 juillet 2015 ? (Sur ce protocole d’accord, voir notre analyse « Du défaut originel de vision à l’Académie du créole haïtien et au ministère de l’Éducation nationale[4] ».)

À l’inverse faut-il aujourd’hui plaider, rigoureusement, pour l’institution d’une dynamique rassembleuse devant déboucher sur la création de la première Secrétairerie d’État aux droits linguistiques en Haïti  dotée d’un réel pouvoir exécutif et qui devra, sous la tutelle administrative du ministère de l’Éducation nationale, mettre en oeuvre et garantir l’effectivité de la future politique linguistique de l’État haïtien et de la législation linguistique qui en découlera ?

Quel est donc le lien entre « La difficile feuille de route du ministre de l’Éducation nationale » Josué Agénor Cadet, « L’illettrisme en Haïti : un mal qui renforce l’analphabétisme et qui est pris en patience » et le présent plaidoyer pour la création de la première Secrétairerie d’État aux droits linguistiques d’Haïti ?

Pour répondre adéquatement à cette question, il faut prendre la mesure d’une réalité dont le dispositif sociologique est amplement attesté : dans le système éducatif haïtien, nous sommes en présence d’une culture du statu quo et du bricolage systémique qui étale constamment les paradoxes d’un « nationalisme » identitaire aussi bavard qu’improductif… Ainsi, cultiver le statu quo signifie laisser perdurer les lourdes déficiences d’un système éducatif sous qualifié et incapable de répondre aux impératifs connus de la demande scolaire dont la configuration démographique et sociale a amplement été modifiée depuis la défaite de la dictature des Duvalier en 1986. Cultiver le statu quo signifie également s’opposer de facto à la « parité statutaire » entre les deux langues officielles du pays et à l’établissement de « l’équité des droits linguistiques » dans le système éducatif haïtien.

Du milieu des années 1970 à la défaite de la dictature des Duvalier en 1986, puis de 1986 à nos jours, la configuration démographique et sociale du système éducatif haïtien s’est en effet considérablement modifiée. La majorité des élèves est de langue maternelle créole dans un pays amputé, au cours des années 1960-1970, de plusieurs centaines d’enseignants bilingues français-créole obligés de s’exiler pour échapper au terrorisme d’État de la dictature duvaliériste. Selon l’Unicef, « Le système éducatif haïtien accueille 2 691 759 élèves dans 15 682 écoles. Alors que le secteur public reçoit 20% des élèves (538 963) dans 9% des écoles (1 420 écoles publiques), le secteur non public accueille 80% des élèves (2 152 796) dans 91% des écoles (14 262 écoles non publiques) » (Unicef : « L’éducation fondamentale pour tous »). 

Le lien entre la feuille de route du nouveau ministre de l’Éducation nationale Josué Agénor Cadet, l’illétrisme en Haïti et le présent plaidoyer consiste en la capacité d’Haïti à élaborer et à mettre en oeuvre –DANS LE CADRE DE L’ÉTABLISSEMENT D’UN ÉTAT DE DROIT--, une politique linguistique d’État ainsi que la législation linguistique contraignante qui en découlera.

En clair, il s’agit de rompre avec la culture du statu quo et du bricolage programmatique dans le système éducatif haïtien. Il s’agit de refonder ce système : avec qui, dans quel but et, surtout, selon quelle vision. Les enseignants haïtiens en témoignent avec constance : l’expérience de terrain et l’observation objective de la réalité nous enseignent que pour rompre avec la culture du statu quo et du bricolage programmatique et refonder le système d’éducation nationale il faut une claire et forte volonté politique et, dans sa centralité, une vision nouvelle de la problématique linguistique au pays qui s’articule autour de la notion essentielle des « droits linguistiques[5] ».

Cette vision nouvelle ainsi que la configuration des droits linguistiques au pays figurent dans le livre de référence « L'aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions[6] » ; elles sont rigoureusement conformes à la Déclaration universelle des droits linguistiques de 1996. Partant du principe que les droits linguistiques sont à la fois individuels et collectifs, qu’ils constituent des droits personnels inaliénables, nous les avons identifiés au titre des droits humains fondamentaux. Cette neuve manière de problématiser la question linguistique haïtienne, à contre-courant de l’approche militantiste et de l’enfermement identitaire, permet de circonscrire l’aménagement des deux langues officielles du pays sur le terrain des droits citoyens et des obligations de l’État car l’aménagement linguistique est en amont une question politique, une intervention planifiée de l’État dans le domaine linguistique (Jacques Maurais (dir.) « Politique et aménagement linguistiques », Québec/Paris, Conseil de la langue française/Le Robert, 1987). Les notions qui sont au fondement de cette vision sont celles de « patrimoine linguistique bilingue », de « droits linguistiques », de « droit à la langue », de « droit à la langue maternelle » créole, « d’équité des droits linguistiques », de « parité statutaire entre les deux langues officielles », de « didactique convergente créole-français », de « politique linguistique d’État » et de « législation linguistique contraignante » : elles doivent régir toute entreprise d’État d’aménagement des deux langues officielles d’Haïti, en particulier dans le système d’éducation nationale.

C’est donc au creux de cette vision nouvelle que doit se situer la refondation de l’École haïtienne (voir là-dessus notre analyse « L’école en créole, en français, dans les deux langues ? État de la question et perspectives[7] »). C’est cette vision qui devrait rigoureusement éclairer la feuille de route du nouveau ministre de l’Éducation nationale et contribuer à durablement éradiquer les ravages de l’illétrisme analysé avec hauteur par le linguiste Renauld Govain dans « L’illettrisme en Haïti : un mal qui renforce l’analphabétisme et qui est pris en patience ».

Rompre avec la culture du statu quo et du bricolage programmatique dans le système éducatif haïtien consistera, en toute rigueur, à centraliser toutes les interventions linguistiques de l’État haïtien en conformité avec la future politique linguistique de l’État et avec la législation linguistique contraignante qui en découlera. La centralisation de toutes les interventions linguistiques de l’État haïtien devra être confiée sous mandat exécutif à la future Secrétairerie d’État aux droits linguistiques.

Nous plaidons que cette future Secrétairerie d’État aux droits linguistiques soit fondée À L’INITIATIVE DES ORGANISATIONS HAÏTIENNES DES DROITS HUMAINS et dans la concertation avec plusieurs institutions haïtiennes, notamment la Faculté de linguistique appliquée et la Faculté de droit de l’Université d’État d’Haïti, les associations d’enseignants, etc. Sa création devra cependant émaner de l’Exécutif qui en soumettra le projet au Parlement haïtien en vue de sa ratification. En conformité avec les articles 5 et 40 de la Constitution de 1987, la future Secrétairerie d’État aux droits linguistiques, INSTANCE DOTÉE D’UN RÉEL POUVOIR EXECUTIF ET RÉGLEMENTAIRE D’AMÉNAGEMENT DES DEUX LANGUES OFFICIELLES DU PAYS, devra disposer d’un mandat explicite et sa mission consistera à veiller à l’application et à garantir l’effectivité de la première politique linguistique de l’État haïtien et de la première législation linguistique contraignante qui sera adoptée par le Parlement. Placée sous la tutelle administrative du ministère de l’Éducation nationale et porte-parole de l’État et interlocuteur exclusif de toutes les institutions du pays dans son champ de compétence, elle aura la responsabilité de la coordination interinstitutionnelle, de la concertation, de la promotion et de la mise en oeuvre de la politique linguistique de l’État haïtien. Responsable de  la cohérence des interventions gouvernementales en matière linguistique, elle devra également conseiller le ministère de tutelle coresponsable de l’application de la future loi d’aménagement linguistique d’Haïti sur toute question relative à la politique linguistique de l’État.   

Travailler à mettre sur pied la future Secrétairerie d’État aux droits linguistiques revient dès maintenant à INSTITUER UNE DYNAMIQUE qui, entre autres, permettra de contribuer à

1.     formuler les orientations générales de la politique d’aménagement linguistique de la République d’Haïti dans l’Administration publique et dans le système éducatif ;

2.     définir le cadre législatif de l’aménagement des deux langues officielles du pays et circonscrire le cadre institutionnel de l’aménagement linguistique en Haïti.

3.     définir les droits linguistiques de tous les Haïtiens ainsi que les obligations de l’État en matière de droits linguistiques, notamment en ce qui a trait au droit à la langue maternelle créole et à son emploi obligatoire dans la totalité du système d’éducation nationale.

À contre-courant de l’aventure désastreuse du PSUGO –rigoureusement analysée par Charles Tardieu dans Le National et sur le site www.berrouet-oriol.com, « Le Psugo, une des plus grandes arnaques de l’histoire de l’éducation en Haïti[8] »--, et loin des pseudo « Douze mesures majeures pour améliorer la qualité de l’éducation et la gouvernance du système éducatif », « mesures » incantatoires et cosmétiques de Nesmy Manigat, ex-ministre Tèt kale de l’Éducation nationale, les défis à relever par l’actuel titulaire de ce secteur de premier plan pour l’avenir du pays doivent impérativement trouver leur résolution dans une dynamique rassembleuse : élaboration, adoption et application de la politique linguistique de l’État et de sa législation linguistique contraignante légitimant la création de la Secrétairerie d’État aux droits linguistiques.

Il serait illusoire de croire que l’adoption d’un énoncé de politique linguistique nationale assorti d’une loi d’aménagement concomitant des deux langues officielles d’Haïti, le créole et le français, pourrait résoudre comme par magie les séculaires blocages linguistiques du pays. C’est bien parce que nous sommes conscients des pièges potentiels d’une approche étroitement « légaliste » de l’aménagement linguistique au pays que notre vision s’articule autour de la notion, essentielle, de « droits linguistiques » situés dans l’ensemble des droits humains fondamentaux et dans le cadre de la construction d’un État de droit post-duvaliériste. En clair, il s’agit d’imputabiliser une dynamique institutionnelle par l’instauration de mécanismes (légaux et administratifs) de contrôle d’efficience relevant à la fois du Parlement haïtien et des organisations des droits humains au pays. Dans cette optique, la Secrétairerie d’État aux droits linguistiques devra statutairement rendre compte de son action par-devant le Parlement haïtien et dans la concertation avec les organisations haïtiennes des droits humains.

À l’échelle du pays tout entier, Haïti ne dispose toujours pas d’une politique linguistique nationale d’État ni d’une institution vouée à l’aménagement de nos deux langues officielles et dotée d’un pouvoir exécutif contraignant. Il s’agit là d’une profonde lacune qui alimente les errements du pays en matière linguistique et en particulier dans le champ éducatif. En 2017, l’aménagement concomitant des deux langues officielles d’Haïti est un défi majeur à relever au creux des urgences nationales.

Robert Berrouët-Oriol
Montréal, le 20 avril 2017

NOTES
[1] Robert Berrouët-Oriol : « Les grands chantiers de l’aménagement linguistique d’Haïti (2017 – 2021) », 7 février 2017; URL : http://www.berrouet-oriol.com/linguistique/politique-linguistique-d-etat
[2] Robert Berrouët-Oriol : « Le ‘’système’’ linguistique d’Yves Dejean conduit à une impasse », 31 juillet 2011 ; URL : http://www.berrouet-oriol.com/linguistique/systeme-linguistique-yves-dejean
[3] Robert Berrouët-Oriol : « L’exil programmé de la langue créole dans le système éducatif haïtien » ; URL : http://www.berrouet-oriol.com/linguistique/l-exil-du-creole
[4] Robert Berrouët-Oriol : « Du défaut originel de vision à l’Académie du créole haïtien et au ministère de l’Éducation nationale », 15 juillet 2015 ; URL : http://www.berrouet-oriol.com/linguistique/academie-du-creole-haitien/accord-du-8-juillet-2015
[5] Joseph-G. Turi (1990). « Le droit linguistique et les droits linguistiques ». Dans Les Cahiers de droit, vol. 31 no 2 : les Presses de l’Université Laval, Québec.
[6] Berrouët-Oriol, R. et al (2011). L'aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions. Éditions du Cidihca et Éditions de l'Université d'État d'Haïti.
[7] Robert Berrouët-Oriol : « L’école en créole, en français, dans les deux langues ? État de la question et perspectives »), novembre 2011 ; URL : http://www.berrouet-oriol.com/linguistique/ecole-en-creole-en-francais; voir aussi : Robert Berrouët-Oriol : « Le droit à la langue maternelle dans la Francocréolophonie haïtienne » ; URL : http://www.berrouet-oriol.com/linguistique/amenagement-creole-et-francais/droit-a-la-langue-maternelle
[8] Charles Tardieu : « Le Psugo, une des plus grandes arnaques de l’histoire de l’éducation en Haïti », 30 juin 2016 ; URL : http://www.berrouet-oriol.com/culture-et-societe/psugo-et-systeme-educatif-en-haieti

mercredi 19 avril 2017

DANS L’AFFAIRE DE L’ARCAHAIE : Youri Latortue contredit Jovenel Moïse

Dimitri Heŕard, le nouveau commandant de l'USGPN
L’incident survenu à l’Arcahaïe, le vendredi 7 avril, que la présidence qualifie tentative d’assassi- nat du chef de l’État, n’était, en fait, qu’un acte de banditisme. C’est ce qui ressort d’une entrevue du président du Sénat, le sénateur Youri Latortue, avec la presse. Venue d’un hautfonctionnaire de l’acabit de M. Larotrue, cette information vaut son pesant d’or. Car elle permet de faire la lumière sur un incidentsur lequel s’est précipité le président haïtien pour mettre la Police nationale sous coupe réglée. Selon le sénateur Latortue, la voiture du président Moïse n’a pas essuyé de jets de pierre, comme l’avait précédemment indiqué le Service de communication de la présidence.

Toutefois, ces déclarations de Youri Latortue, faites le mardi 18 avril, soit près de deux semaines après l’incident, intriguent les observateurs qui se demandent pourquoi le président du Sénat a attendu tout ce temps avant de tirer cette affaire au clair. Car, de toute évidence ce délai permet à la version officielle des faits diffusée par la présidence d’être accréditée auprès du public.

En tout cas, M. Latortue, qui voyageait, avec le président de la Chambre basse Cholzer Chancy, dans le même véhicule que le président Jovenel, fait une relation de l’in- cident, qui est totalement opposée à la version officielle présentée par la présidence.

Le sénateur de l’Artibonite a indiqué que le véhicule du président Moïse n’a pas été l’objet d’une attaque, car n’ayant essuyé de jets de pierres, comme il a été au préalable annoncé dans le communiqué émanant de la présidence, et diffusé le dimanche 9 avril, soit deux jours après l’incident. Le parlementaire n’a pas tardé à souligner, par contre, que des individus avaient placé un autobus en travers de la route, et qui avait effectivement mobilisé le cortège présidentiel. Il devait ajouter que les individus qui se trouvaient sur la route ne pouvaient constituer un réel danger pour le président. Il a révélé en outre que sans hésitation et dans l’immédiat, les agents de sécurité préposés à la protection du cortège officiel du président de la République se sont mis immédiatement en position pour frayer un passage au cortège, tout en s’assurant que les jeunes hommes qui se trouvaient sur les lieux ne pouvaient constituer une menace réelle pour le convoi.

Avant l’intervention du sénateur Latortue sur ce qu’on appelle l’affaire de l’Arcahaïe, le porte-parole adjoint de la Police nationale, l’inspecteur Gary Desrosiers, n’avait pas voulu confirmer ni infirmer la version officielle ayant fait état de tirs dirigés sur le véhicule du président Moïse.
Dimitri Heŕard, cadet de l'Ećole supéŕieure militaire Eloy Alfavo, en Equateur, saluant le préśident Michel Martelly

Sans aucun doute, cet incident a le potentiel de mettre la crédibilité du président haïtien à rude épreuve, surtout qu’il a immédiatement déclenché une série de déplacement et de mises en disponibilité au sein de la Police nationale. Un des cas les plus célèbres est la nomination d’un jeune commissaire récemment intégré à la PNH. Jovenel Moïse a nommé un nouveau commandant à l’Unité de sécurité générale du Palais national (SGPN). Il s’agit de Dimitri Hérard, 31, qui a étudié à l’Académie militaire d’Équateur. Un protégé de Guy Philippe, actuellement en prison à Miami, attendant son jugement dont la tenue est fixée au 1er mai.

Dans les milieux autorités, à la capitale haïtienne, on affirme que M. Hérard serait impliqué dans le « bateau sucré » d’Acra.

Rappelons que Marc Antoine Acra, inculpé pour trafic de drogue, avait fui le pays en février 2016, pour se réfugier en République dominicaine.

On se rappelle que, M. Philippe, fraîchement élu sénateur de la Grand’Anse, a été arrêté par un contingent de la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ). Remis aux agents de la Drug Enforcement Administration (DEA), le même jour, soit le 5 janvier de cette année, il fut transféré sans délai à Miami où il est inculpé pour trafic de drogue et blanchiment d’argent.

Signalons aussi que dans une déclaration faite récemment, le president Moïse a laissé entendre qu’un président ne peut pas et ne doit pas mentir. Sans l’ombre d’un doute, il doit une explication à la nation en vue de justicier sa dénaturation des faits survenus le vendredi 7 avril, à l’Arcahaïe. Surtout son empressement à ordonner des réformes au sein de la Police nationale.

H.O.

mardi 18 avril 2017

L'insulte est l'arme du faible." Proverbe Latin

Michèle Bennett Duvalier à St Barths (2011)

MES POINTS SUR LES I DE MICHELE BENNETT DUVALIER
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"L'insulte est l'arme du faible." Proverbe Latin
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" Les insultes faisaient partie des ennuis de l'existence, comme les poux." Toni Morrison
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Limenah - Latchamimi - Ou fin vié - Pute - Banan mu - Predator - Criminal - Cow dung - Connasse - Menteuse - Assassin - Tueuse - Criminelle - Méprisable- Serpent - Call girl - Malhonnête - Voléz- Amnésique - Salopette - Tueuse en série - Impitoyable - Pétasse - Enfant terrible de la Tyrannie - Bouzin - Audacieuse - Fermez votre sale gueule - Vieille fam- Bastard - That woman - Kolan guiet manman ou - Fermin diol ou - Espèce de kk - Lan merde - Voleze - Chienne - Salope - Menteuse - Putain - Madivineze - Bitch - Fuck you - Fermin diol ou - Cynique - Démente - Vandale - Dictateuse - C pou ou mouri - Allez pourrir en enfer - Crève salope - Je te tuerai - Map touyé ou com on cochon - Makak - Dictatrice - Ou fini - Viciése - Map vini pou ou biento - etc...etc...etc...
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Loin de moi de vouloir tomber dans la vulgarité ambiante qui sévit dans la société haïtienne, sur facebook, internet et les réseaux sociaux, je tenais à faire une liste partielle des insultes et menaces que je reçois sur ma page facebook depuis que je l'ai ouverte en Juin 2016. Ces insultes ne représentent qu'à peine 2% des commentaires faits sur ma page mais ce sont 2% de trop.

Des propos racistes, sexistes, des menaces physiques, des menaces de mort, des harcèlements ou accusations, le tout proféré par un homme ou une femme qui pense que sur les réseaux sociaux, on peut dire tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi et qui se sentent tellement puissant, tout seul face à leurs écrans. Dés qu'on n'est pas d'accord, on s'insulte. L'an dernier une agence a recensé sur ces réseaux sociaux qui n'ont plus de sociaux que le nom: 200.000 en 24h. Ça fait 2 par seconde.

L'insulte, c'est ce qu'il reste à ceux qui n'ont ni la culture pour s'exprimer autrement, ni l'intelligence pour contrer des arguments. Certaines personnes n'ont pas compris qu'elles pouvaient donner leur avis sans pour autant insulter ceux qui sont d'un avis contraire.

Qui a le droit de me dire que je ne peux pas m'exprimer? Qui a le droit de m'empêcher d'offrir mes connaissances, mon expérience, mon vécu et mes souvenirs sur ma page facebook?

Ma page est publique et j'ai déjà atteint depuis l'année dernière le quota autorisé par facebook de 5000 amis. Elle est suivie par des dizaines de milliers de followers et j'ai plus de 2000 demandes "d'amis" en attente. En général, les insultes viennent de ceux qui ne sont pas mes "amis". Je doute que ces personnes là aient le courage d'aller dire leurs conneries sur les pages de certaines autres personnalités politiques. Je doute tout autant que ces personnes aient le courage de me le dire directement en face. Mais derrière leur ordinateur ou leur téléphone et leur anonymat, c'est plus facile.

Je suis toujours agréable, élégante et respectueuse dans mes commentaires sur la page des autres. Pour moi, Le dialogue commence par le respect réciproque sur la base de l'égalité de nature des personnes humaines. Souvent, ceux qui m'insultent se cachent derrière un profile anonyme et empruntent des pseudos. Moi, au moins, j'affronte mes adversaires à visage découvert et ça ils ne le supportent pas. Leurs attaques sont à la mesure de leur jalousie à mon égard.

La violence verbale (et physique) est très présente dans la société haïtienne. A la radio, dans la rue, sur les réseaux sociaux, au Parlement, dans les hautes sphères du pouvoir, et même dans les salons. Les insultent fusent de partout. Même de certains pseudos intellectuels ou journalistes, de certaines mères de famille oisives et frustrées qui s'expriment sur facebook. Ils sont incapables de débattre sans insulter. La plupart d'entre eux ne font que reprendre les articles de la presse "trash" pour parler de moi. Je dirai à ces Messieurs et Dames qu'après près de 40 ans à les ignorer, je m'en balance complètement! Au contraire! Je suis blindée. Ils sont tous l'expression de la misère intellectuelle qui domine notre pays depuis ces 30 dernières années. À ceux là, je dirai que leurs insultes ne sont pas des arguments et seuls des arguments sont des réponses, qu'ils soient pour ou contre. Et je leur dirai aussi de tourner 7 fois leur langue dans leur bouche avant de tweeter, de poster leurs insultes et leurs accusations sur ma personne ou ma famille.

À ceux qui viennent proférer des insultes, des gros mots sur ma page dans un commentaire, je leur dis de bien réfléchir car je les bloquerai "à vie" sur ma page et je bloquerai également tous ceux qui "like" leurs insultes. Cette page facebook est mienne et je la gère comme je veux. J'assume tout ce que j'écris et j'en prends l'entière responsabilité. Mes propos n'engagent que moi car je suis une femme libre et indépendante et je continuerai à être la voix de cette majorité silencieuse qui n'a que ses yeux pour pleurer.

Après la publication de certains de mes textes politiques, les commentaires de certaines personnes sont si vulgaires, si crus et insultants, que j'ai l'impression d'assister à une suite d'éjaculation précoce de ces messieurs aux petits attributs qui me demandent de fermer ma gueule! L'insulte est en soi un constat d'échec et l'arme du faible et je dirai même, un aveu de soumission.

Peut-être suis-je politiquement énervante pour certains esprits faibles, alors que je ne souhaite que débattre? La vérité n'a pas peur des critiques, elle est claire et a la force de l'argument.

De quoi avez-vous peur Mesdames, Messieurs les "haters"? De la vérité? Ou voulez-vous masquer votre faillite de ces 31 dernières années?

Liberté d'expression ne veut pas dire insulter.

Michèle Bennett Duvalier
Paris, France
Le 19 Avril 2017

dimanche 16 avril 2017

MES VOEUX DE PAQUES

Anya-Fermathe, Haiti (1984)
La Fête de Pâques est une journée de réjouissances pour les Chrétiens, car elle commémore la résurrection du Christ.

Pâques est un moment fort dans l'année, surtout lorsqu'on se réunit en famille pour une belle fête chaleureuse.

A cette occasion, j'ai une pensée spéciale pour mes concitoyens haïtiens, surtout ceux qui sont en grande désespérance, les sans abris, les sinistrés de la Grande-Anse, du Nord et les chômeurs.

J'espère de tout coeur que beaucoup de ces familles ont pu bénéficier des largesses des Parlementaires qui ont reçu une subvention du Trésor Public d'un montant total de 76 Millions de Gourges (Sénateur: 1 million et Député 350.000) pour financer leurs bonnes œuvres et aider la population de leur patelin pendant la semaine sainte.

Que les Fêtes de Pâques vous illuminent et vous apportent l'espoir, la tolérance, la générosité et l'harmonie.


Michèle Bennett Duvalier
Paris, France
Le 16 Avril 2017

Subvention d'1 million de gourdes : Le sénateur Youri Latortue explique...




Subvention d'1 million de gourdes : Le sénateur Youri Latortue explique... 

Jovenel Moïse : L’avertissement donné à l’Arcahaïe, une affaire sérieuse

CONTRÔLE DU POUVOIR : LES BALLES SIFFLENT A LA CITE DE L’INDEPENDANCE

Jovenel Moïse : L’avertissement donné à l’Arcahaïe, une affaire sérieuse

Marasme économique, mesures restrictives et dossier Venezuela ne font pas bon ménage


PORT-AU-PRINCE 11 avril — C’est un homme abattu, voire désemparé, qui est sorti indemne dans ce qui apparaît comme un guet apens dressé contre lui au village de l’Arcahaïe, à quelques 40 kilomètres au nord de la capitale. Il a fallu une bonne trentaine de minutes aux troupes de l’Unité de la sécurité de la Garde présidentielle (USGP) pour sortir le président nouvellement élu du guêpier qui l’attendait.

Selon les informations disponibles, des balles fusaient de partout, alors que les troupes s’affairaient à garder Neg bannan nan intact. Il a fallu un bon chronométrage aux professionnels qui ont fomenté le coup pour pousser un véhicule en travers du chemin et forcer le cortège présidentiel à stopper. Au village de l’Arcahaie, il se répète que « c’est l’armée indigène qui bataillait », puisque les balles sortaient de partout sans qu’on arrive à dépister les assaillants armés dans le périmètre. Cette thèse est alimentée par le fait qu’il n’y a eu aucune arrestation sur le fait, malgré le ratissage orchestré par des policiers de l’USGP, peu après l’événement.

Un complot ourdi pour mettre le président au pas ?

Il ne fait aucun doute que ce coup émanerait des dissensions non équivoques entre la présidence et des instances du regroupement qui l’ont conduit au Palais national, à savoir le PHTK (Parti haïtien têt kalé) de l’ex-président Martelly et d’autres partis politiques de second ordre. Sinon, fait-on remarquer, Jovenel Moise ne serait pas sorti vivant de ce piège qui n’a fait aucun mort, sinon des blessés parmi les membres les plus zélés de l’escorte du président Moïse. Au juste, voulaient-ils indiquer au président, novice en matière de sécurité, qu’il ne s’agissait pas d’un montage, d’autant que pas moins de six véhicules du cortège présidentiel ont reçu des impacts de balles.

Selon un spécialiste en matière de sécurité, au Palais national, le directeur de la police administrative, duquel doit émaner l’ordre d’assurer la sécurité du président, aurait donné un ordre verbal, en lieu et place d’une transcription écrite. Il arrive aussi qu‘au Palais national, personne ne prend au sérieux le president Jovenel Moïse qui baliverne le plus souvent avec les subalternes. On fait remarquer qu’alors que l’ex-président Martelly était familier avec la troupe, Jovenel est trop souvent à la cuisine et annonce aux simples policiers ses intentions. Ces dérogations à l’éthique auraient occasionné un relâchement des normes de sécurité jusqu’à faciliter l’intervention d’une cinquième colonne dans l’USGP.

Fort du danger qui le menace, le président et son Premier ministre, Jacques Guy Lafontant, ont passé toute la fin de semaine en réunion avec leDG de laPolice nationale d’Haïti, Michael Ange Gédéon. Hormis celui-ci, le président aurait réclamé lamise au rencart de l’état-major et de toutes les directions générales de la Police. Vraisemblablement, cette mesure serait, selon sa propre logique, susceptible de le mettre à l’abri des pourfendeurs de sa décision de partager le pouvoir avec les parlementaires. Mais, s’assimilerait à la politisation totale de la Police nationale d’Haïti (PNH). Une alternative qui ruinerait tout espoir d’avoir au pays d'une force de l’ordre compatible aux idéaux démocratiques stipulés par la constitution en vigueur.

Jovenel Moïse pourra-t-il faire le déplacement à l’Arcahaïe le 18 mai prochain ?
Traditionnellement, le président de la république se rend à l’Arcahaie le 18 mai. C’est à cette date, en l’année 1803, rapporte une version de l’histoire, que Catherine Flon décousit le blanc du drapeau français pour créer le bicolore national bleu et rouge. La Constitution de 1987 en fait une journée chômée et, généralement, le discours présidentiel est très attendu en ces lieux historiques.

Héritage de l’ère Martelly, Jovenel Moïse est aussi contesté que son prédécesseur, en raison de la délimitation territoriale engagée par celui-ci. Depuis, la contestation bouillonne dans cette partie du territoire, tout comme dans d’autres recoins qui avaient subi le même sort. Les Archelois entendent rester rattachés au département de l’Ouest plutôt qu’à l’Artibonite. Des rivalités plus que centenaires sévissent encore dans le milieu, et il n’est pas rare que des affrontements aient lieu lors de matchs de football. On ne peut pas compter le nombre de morts enregistrés dans la population et parmi les forces de police au cours des affrontements qui avaient duré des mois pendant le règne controversé de Michel Joseph Martelly. Jusques sous le gouvernement provisoire de Jocelerme Privert, la tension régnait encore pour atteindre son point culminant au mois de mars dernier avec le record de quatre automobiles incendiées et un nombre inestimable de blessés.

On comprend donc, la vulnérabilité de cette zone de revendications que des nageurs en eaux troubles auraient choisie afin de masquer leurs forfaits, le 7 avril dernier. Il reste pour le moins qu’un défi a été lancé au président Jovenel quant à ses intentions de se rendre à l’Arcahaie le 18 mai prochain. Prendra-t-il des dispositions pour nettoyer la zone, à défaut de renvoyer la décision de l’ancien president Martelly ? Dans les deux cas, le mal paraît infini et sa présidence menacée.

Entre temps, le commissaire en charge de l’avant-poste de l’Arcahaie, qui était à la plage au moment de l’agression armée contre le cortège présidentiel, a reçu une promotion. Son transfert au poste de Delmas a été consacré le 7 avril. D’autres nominations devraient avoir lieu dans les prochaines heures. Il semble, fait-on remarquer, que l’approbation de l’actuel DG de la PNH, Michael Ange Gédéon, se fait attendre. Il aurait des réticences en ce qui concerne le démantèlement de l’état-major de la Police, tel que réclamé avec empressement par le président Moïse.

Jovenel Moïse, un homme seul

Mal aimé de la population, vu avec beaucoup de réserves par le secteur des affaires qui entend perpétuer les acquis de l‘ère Martelly et surtout des parlementaires qui guettent le moment propice pour le mettre en accusation, Jovenel Moise apparaît comme un homme seul. Ses rares proches, qui proviennent du nord-est natal, sont vertement rejetés par la République de Port-au-Prince. Le PHTK réclame des postes ministériels dus à son rôle de facilitateur du pouvoir et serait à la base de ses déboires à l’Arcahaie, s’il faut admettre que le parti de Michel Joseph Martelly contrôle encore la PNH à travers les nominations douteuses effectuées pendant le mandat de Godson Orélus à la tête de l’institution policière. Dans cet imbroglio fatidique, le président prend des mesures restrictives qui risquent de mettre sur la touche les bandits légaux de l’ancien régime Martelly. Ceux-ci n’entendent pas restituer à l’État les véhicules qui avaient été mis à leur disposition par leur ancien patron. Aguerris sur le terrain, ils ne seraient pas prêts à abandonner de tels privilèges.

Pire encore, le silence de la communauté internationale, qui ferme le gousset de la bourse, paraît inquiétant pour l’actuel gouvernement. On ne connaît pas encore les tendances réelles du nouveau président américain, un républicain, héritier de Ronald Reagan, celui qui avait mis les macoutes hors d’état de nuire. En ce sens, le président Moïse n’est pas homme à se laisser tenter par des voyages intempestifs au pays du dieu dollar. En l’absence de signaux positifs, le 28 mars dernier, c’est la première dame, Martine Moïse, qui a répondu à une invitation du maire de North-Miami, Joseph Smith.

La crise économique frappe fort à travers le pays

Dans les milieux financiers, on parle d’une croissance économique inferieure à 0,6 % pour l’exercice en cours. L’argent devient une denrée de plus en plus rare. À tout prix, Jovenel Moïse doit conjointement combler le déficit accumulé par ses prédécesseurs Martelly et Privert, et surtout payer la facture Petrocaribe. Pour pallier à la crise, une entente est intervenue avec plusieurs syndicats de transporteurs, afin d’augmenter le coût de l’essence. Avant de laisser le pouvoir, l’ex-président Jocelerme Privert avait refusé de satisfaire aux demandes du nouvel élu d’agir dans le sens d’une augmentation qui ruinerait ses premiers jours de mandat. L’intention a été débattue en Conseil des ministres et l’arrêté est encore sur le bureau du président attendant qu’il y pose sa signature.

L’autre source de revenue immédiate serait les compagnies de téléphonie cellulaire qui, vraisemblablement, ne se font pas prier, avons-nous appris. Une situation analogue avait sévi dans les derniers mois du gouvernement Martelly/Paul. On avait remarqué que les comptes des abonnés étaient soulagés de rondelettes sommes, sans que l’organisme régulateur, le Conseil national des Télécommunications (CONATEL), n’intervienne. Aujourd’hui, la même mesure a été diligentée par les milieux décisionnels du Palais national. Le président Jovenel Moïse a même donné son approbation face à l’urgence de faire tomber des dividendes dans l’assiette fiscale du pays. Il faut remarquer que les revenus relatifs à l’impôt locatif tomberont à partir du 1er octobre et il faudra attendre fin décembre pour penser à l’immatriculation. Jovenel et son comparse Jacques Guy Lafontant doivent monter un mat suiffé avec leur attitude arrogante dans le dossier du Venezuela. Ceux qui suivent de près l’évolution de leur choix, en peu de temps au pouvoir, ne voient pas comment ils pourront s’adresser à l’ambassade américaine de Port-au-Prince, la réunion avec le CORE Group n’ayant donné aucun résultat. Novice en politique et malgré son expertise dans le domaine des magouilles dénoncées par le rapport de l’UCREF, Jovenel Moïse est parti les mains vides. Vraisemblablement, il restera à sec jusqu’à ce qu’il fasse amende honorable, avons-nous appris d’une source diplomatique de la capitale. Mais, ce n’est pas tout.

Pour comble de malheur, à moins de cent jours de son quinquennat, le milieu des affaires, qui avait financé sa campagne, tend à montrer ses dents. Nous avons appris que le président Jovenel ne paie même pas l’essence de l’hélicoptère que lui passait l’homme d’affaires d’origine arabe Sheriff Abdallah, un allié de l’ex-président Michel Martelly. Un impair qui lui vaut le refus d’embarquer gratuitement dans ce luxueux appareil qui lui aurait épargné la raclée subie à l’Arcahaie,le 7 avril denier. D’autres « sympathisants » du même calibre ont emboîté le pas en faisant la réticence quand il s’agit d’octroyer quelque crédit que ce soit au nouveau régime soupçonné d’être mauvais débiteur. Alors que ce secteur a bénéficié largement des cent-vingt millions décaissés par la Banque centrale afin de soulager l’impact du dollar sur la gourde.

En attendant qu’Haïti réduise ses problèmes économiques en franchissant le cap de la misère endémique qui sévit au point que de pires moments transpirent à l’horizon, le facteur Jovenel Moïse vient obscurcir tout espoir de relance puisqu’il augmente l’incertitude et ses corollaires de malheurs. À moins d’une reconstitution de l’équipe gouvernementale, ce pays retombera dans l’anarchie.

H.O.

mercredi 12 avril 2017

Jovenel Moïse peut-il surmonter les mauvaises habitudes ?


TRAFIC DE DROGUE ET BLANCHIMENT D’ARGENT

Jovenel Moïse peut-il surmonter les mauvaises habitudes?

Jovenel Moïse apres̀ la proclamation de sa victoire par le CEP
Le nouveau président haïtien, qui a pris logement au Palais national, depuis le 7 février 2017, traînant une inculpation criminelle comme un boulet à ses pieds, reste prisonnier de ses habitudes. Son acoquinement avec des gens de réputation douteuse le met en mauvaise posture par rapport aux milieux internationaux traditionnellement pourvoyeurs de millions aux administrations haïtiennes en panne de ressources. Aussi, coincé se voit-il acculé à se tourner vers des amis pour le dépanner, histoire de le tirer d’un mauvais pas, soit le besoin de plus d’une centaine de millions de gourdes. Les faits entourant cet incident aideront à mieux comprendre les motifs derrière le choix de personnes en porte à faux avec la justice pour occuper de hautes fonctions dans l’administration publique.

En effet, l’opinion publique s’arrête surtout sur le cas de Magalie Habitant, qui a été nommée au poste de directrice du Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS). Presque immédiatement après la nomination de celle-ci à cette haute fonction, Jovenel Moïse, qui voulait « apaiser la rue » dont certaines franges commençaient déjà à s’agiter contre lui, avait fait la requête d’une somme de 100 millions de gourdes auprès d’elle. On rapporte, dans le monde des banquiers locaux, qu’elle lui a versé USD 100 000. Il semble que la nouvelle directrice du SMCRS soit encore plus ponctuelle et rapide que même le ministre des Finances.

Pourquoi Magalie Habitant ?

Magalie Habitant, à droite, en tenue bleue claire, fait une démonstration publicitaire

Sur ces entrefaites, d’aucuns se demandent (et pour cause !) pourquoi le président s’est-il adressé à Mme Habitant parmi toutes ces personnes qui gravitent autour de lui ? De toute évidence, il savait que cette femme avait beaucoup d’argent en liquide en sa résidence, ou bien se trouvant en un lieu qui le rend facilement disponible, sans éveiller le soupçon de gens mal intentionné. Mais Moïse s’est tourné vers Magalie Habitant surtout parce qu’il a l’habitude de s’adresser à lui pour le dépanner.

Des PHTKistes aujourd’hui en rébellion contre Jovenel Moïse, don't ils critiquent l’« ingratitude», ont expliqué que la présente directrice du SMCRS finançait la campagne présidentielle de ce dernier, et que, tout au long de cette période, elle était la seule personne qui pouvait livrer des centaines de milliers de gourdes « dans le plus bref délai ». Pour avoir fait cette expérience auprès d’elle à plusieurs reprises, le président était certain qu’il pouvait trouver cette somme chez Habitant sans exposer ses secrets à l’indiscrétion de certaines personnes qui ne cessent de « fouiner dans ses affaires », cherchant à faire éclater des scandales à son sujet.

Qui se ressemble s’assemble

Même avant les dernières élections dont les résultats rendus par le Conseil électoral provisoire (CEP) de Léopold Berlanger ont donné la victoire à Jovenel Moïse, son nom était toujours lié à des personnes qui avaient une très mauvaise presse. On se rappelle comment il était assimilé à ce quatuor composé d’Evinx Daniel, Michel Martelly, Guy Philippe et lui-même. Bien qu’il fût, au prime abord, plutôt l’associé en affaire de Daniel, à Agritrans, disait-on, à la mort de ce dernier il devint le pote du président-musicien qui à son tour, avait fait de lui son associé. Aussi, faisant référence à ces quatre hommes, les observateurs déclaraient-ils qui se ressemble s’assemble.

Devenu officiellement président de la République, suite à son investiture, le 7 février 2017, Jovenel Moïse n’affiche aucun souci de se comporter en chef d’État, c’est-à-dire à éviter la compagnie de gens à mauvaise réputation qu’il fréquentait. Surtout après ses démêlés avec la justice, dans le cadre de son inculpation pour blanchiment d’argent. Car la fréquentation de telles personnes l’assimile à ce monde dont il aurait tout intérêt à éviter la compagnie.

Les observateurs, qui entretenaient une telle opinion à l’égard de M. Moïse déclarent qu’il est bizarre de constater à quel point le parcours de ces quatre hommes coïncidait. En effet, Guy Philippe est arrêté par la Police haïtienne sur une plainte du gouvernement intérimaire de Jocelerme Privert. Livré aux Américains pour être remis à la justice étasunienne,suite à son inculpation pour trafic de drogue et blanchiment d’argent, par un juge fédéral, il est incarcéré dans une prison fédérale, à Miami, en Floride, attendant son jugement qui doit commencer le 1er mai prochain.

Quant à Jovenel Moïse, il est élu président d’Haïti dans des conditions non élucidées, puis a prêté serment sous le coup d’une inculpation criminelle pour blanchiment d’argent.

En ce qui concerne l’ex-président Michel Martelly, qui a trillé Moïse sur le volet pour être candidat à la présidence du PHTK afin qu’il puisse devenir son successeur, ses démêlés avec la justice américaine n’ont toujours pas été définitivement résolus. Il faut attendre le dernier chapitre de cette saga.

Le quatrième membre du quatuor, Evinx Daniel, a disparu, au début de 2015, sans laisser de traces. Dans les milieux mafieux, en Haïti, sa disparition est imputée à l’ami et associé en affaire du disparu. Des gens proches des procureurs fédéraux, à Miami, on apprend que des personnes passant pour être très au courant des affaires judiciaires, au niveau fédéral, ont fait remarquer qu’à la faveur du procès de Guy Philippe, la lumière sera faite sur des affaires sordides et des crimes que la pègre haïtienne s’acharne à garder secrètes.

Faut-il ajouter Magalie Habitant au quatuor ?

Les derniers événements entourant les relations qui existent entre le président Jovenel Moïse et Magalie Habitant incitent à poser la question de savoir s’il n’est pas opportun d’ajouter le nom de celle-ci à ceux de ces quatre hommes. Dans ces conditions, le cas du président ne ferait que s’aggraver. Puisque, la présidente du SMCRS faisant l’objet d’une enquête de l’Unité centrale de référence fiscale (UCREF) se retrouverait dans la même lignée que Jovenel Moïse. Nul ne sait si son dossier, à l’instar de celui du président de la République, le moment venu, ne soit acheminé au commissaire du gouvernement pour les suites que de droit.

En tout cas, en maintenant des relations privilégiées avec une personne signalée par l’Unité de référence fiscale d’être passible d’une enquête criminelle, tandis qu’elle fait l’objet d’une inculpation criminelle, équivaut à faire la nique à la justice, une attitude qui ne sied pas à un chef d’État ayant prêté serment de respecter et de faire respecter la Constitution et les lois du pays.

Dans le meilleur des mondes, M. Moïse devrait afficher le respect des lois, surtout en ce qui concerne le blanchiment d’argent, pendant que les mécanismes de contrôle du système bancaire in ternational ont Haïti dans leurs lunettes et qu’ils s’apprêtent à prendre une décision, pas plus tard que l’année prochaine, afin de decider si oui ou nom il faut sanctionner les banques haïtiennes pour avoir toléré l’injection d’argent sale dans leurs institutions. Lors de la dernière réunion sur la nécessité de protéger le système bancaire international contre l’invasion d’argent contaminé, Haïti (les banques nationales) trouvé victime de ce fléau, le pays s’était vu donner un sursis jusqu’au mois de mai 2017, les autorités politiques ayait pris l’engagement de rectifier le tir en renforçant le système légal régissant la matière.

En clair, l’affaire Jovenel Moïse et le comportement affiché par le président de la République dans ses relations avec des personnes suspectée de commettre ce crime risquent d’attirer sur les banques haïtiennes les foudres des régulateurs du système bancaire international. On sait ce que cela pourrait signifier pour les institutions bancaires haïtiennes.

Entre-temps, Jovenel Moïse prend des mesures qui laissent croire qu’il entend sévir contre ceux qui, en Haïti, militent contre le blanchiment d’argent. Par exemple, au CONALD, organisme national de lutte contre la drogue, il a mis à pied Antoine Atouris qu’il a remplacé par Lener Renaud. À l’UCREF, il se prépare à forcer Sonel Jean-François à la retraite, bien que son mandat le garde en poste pendant au moins encore deux ans. Jean-François est le directeur de cette institution qui, après enquête, avait acheminé son dossier au commissaire du gouvernement pour les suites légales. On attend encore pour voir ce qu’il entend faire avec le directeur général de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC). Sur ces trois piliers sont montés les mécanismes de contrôle de la lutte contre les stupéfiants et la corruption.

Jovenel Moïse semble se préparer à adapter ces institutions au besoin de le blanchir de toute accusation relative au blanchiment d’argent.

H.O.

lundi 10 avril 2017

De la mentalité du politique en Haiti et plus encore par MMP

Réflexion sur la perception de la société haitienne aujourd'hui

Par Michelle Mevs Portes

De la mentalité du politique en Haiti et plus encore par  MMP
FB Michelle Mevs

En Haiti les élus politiques par le vote démocratique pensent qu´ils ne doivent rien ni aux #électeurs et surtout pas à ceux qui les font élire en leur financant les élections.                                                        

b) En réalité ils s´en foutent que le pays aillent au diable;                                                                                                                                
c) Par contre ils sont là au poste - non pour améliorer le sort de la population -mais pour s´enrichir eux-mêmes durant leurs 4 ans de règne. Leur rêve primaire et prioritaire -quand ils entrent en politique- c´est afin de s´enrichir pour des générations en tant que famille. 

d) Voilà comment cela marche au pays. 

Je crois que cette attitude est un héritage colonial qui consiste à s´en foutre du pays, en tirer des revenus pour soi et sa clique. Les élus et cela s´est étendu à toute la société comptent - vivre séjourner au pays -comme le faisaient les planteurs coloniaux: femme et famille en dehors du pays ce pays la vache à trâire ( fait histoirique).     

e) LA MENTALITE DU MAITRE BLANC EST ENCORE bien VIVANTE DANS NOTRE "CERVELLE" D´ANCIENS ESCLAVES! 
                                                                                                                                    
f) NOUS PRÉTENDONS REMPLACER LE mode de vie du BLANC QUI-QUE-NOUS-SOYONS, population, peuple, classe moyenne, élite politique, économique, intellectuelle…

Je vous prie d´y réfléchir. C´est l'expression du cercle vicieux, de la spirale descendante, d´un pays qui finit parce que ses habitants ne l´aiment pas assez! HELAS!

Les politiciens haitiens et même les membres de la société en général font de Machiavel leur modèle: Machiavel qui recommande la POLITIQUE sans la MORALE.

EN REVANCHE ne savons-nous pas que L´ALLEGEANCE, la confiance en politique est un ciment qui construit l´idéologie de parti, la cohésion nationale, la nation.


vendredi 7 avril 2017

Le Sénateur Cantave traite le Sénateur Lambert de "cas Lambert"!


MES POINTS SUR LES I DE MICHELE BENNETT DUVALIER
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Le Sénateur Cantave traite le Sénateur Lambert de "cas Lambert"! (Voir la video ci-dessous) 
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Ce que coûte un Sénateur de la République 
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Mes petites Poules de Luxe du Sénat ont à nouveau récidivé. En pleine séance, Le Sénateur Cantave a fait un jeu de mot salace pour répondre à son confrère Lambert en le traitant de "Cas Lambert".


Comme je le disais dans mon texte précédent, Le Parlement haïtien remplace avec succès nos salles de spectacle disparues. Les vidéos des séances de ces parlementaires tournent en boucle sur les réseaux sociaux pour la grande joie des internautes et du public.

Quel est le coût d'un Sénateur de la République?

-Salaire mensuel: 121.000 gdes par mois
-3 Consultants a 60.000 gdes par mois chacun pour un total de 180.000 gdes par mois.
-25.000 gdes mensuel de frais de carburant
-10.000 gdes mensuel pour recharger leurs téléphones
-500.000 gdes de cadeau de bienvenue pour les frais de 1ère installation.
- Franchise douanière qui les exonére de payer les taxes.
-$35.000 (dollars US) pour l'achat d'un véhicule.
-40.000 gdes le mois payées par l'Etat pour 2 chauffeurs
-40.000 gdes le mois pour 2 agents de sécurité.
-1 Million de gdes de frais annuels pour les activités culturelles et sportives en été.
-150.000 gdes par mois pour la location d'une résidence dans la Capitale.
À cela s'ajoute un montant supplémentaire pour un bureau dans leur patelin et le personnel payé par l'Etat.
-150.000 gdes par mois pour les Fêtes patronales
-1 Million de gdes pour la rentrée des classes.
-40.000 gdes de frais fixes par mois.
-500.000 gdes de subvention pour les frais carnavalesques.
-500.000 gdes pour les Fêtes de Pâques
-1 Million gdes pour les Fêtes de fin d'année
-700 $ (US Dollars) de per diem pour les voyages a l'extérieur du pays en plus des billets d'avion
- 13.000 gdes de per diem pour les déplacements a l'intérieur du pays.
(Source Le Nouvelliste du 8 Mars 2016).



"Outre ces divers frais et subventions, les parlementaires ont leurs propres projets qu’ils exécutent parfois avec l’appui financier de certains ministères… Chercher des fonds dans les administrations, au palais national, à la Primature, dans les entreprises publiques et auprès des particuliers sont des « du plus » qui s'ajoutent aux largesses du budget officiel."- (Source Le Nouvelliste 2016-par Valéry Daudier).

À cette longue liste, il faudrait y rajouter les nominations de complaisance de certains membres de leurs familles, copains et copines dans l'Administration Publique, les Consulats et les Ambassades.

Ne dit-on pas que tout travail mérite salaire?

Le Parlement du rire? Nos parlementaires sont-ils les nouveaux Languichatte Debordus?

Michele Bennett Duvalier
Paris, France
Le 8 Avril 2017