jeudi 14 décembre 2017

Sherif Abdallah : l’égyptien qui se comporte en colon !

(Un texte de Philibert Josephson)

Débarqué au pays dans les années 70-80 avec sa fiancée d’alors, Sabrina Léger, fille du puissant propriétaire des Assurances Léger, cet égyptien au teint d’albâtre, affable, courtois et poli a su, en quelques années de gestion avisée mais intéressée, piquer, des mains des propriétaires, la fille unique et faire main basse sur la compagnie florissante pour la transformer en un empire rayonnant sur plusieurs sociétés dont il est devenu actionnaire, notamment la Villa Russo.

C’est lui, avec son associé et homme-lige, Allan Zuraik, tous deux à l’origine du groupe “Haïti chérie” qui, sur demande de l’ancien président Michel Joseph Martelly, ont accepté d’apporter dans la cassette de Jovenel Moïse 4 millions de dollars verts pour employer Antonio Sola afin de gérer la campagne et mener Jovenel à la présidence...

En retour, Sherif et sa clique ont exigé la concession d’une partie du Môle St Nicolas pour construire un immense hub et un complexe touristique moderne ...

Vendredi dernier, cependant, c’est dans un autre registre, beaucoup moins reluisant et passablement inquiétant qu’on le retrouve ...

Il est 6:30 pm devant l’église Ste Thérèse à Petion-Ville, direction canapé vert. Un pick-up de couleur blanche se faufile à travers la pompe à essence Tiger pour pénétrer l’embouteillage serré dans cette zone ... En même temps, une superbe BMW X6 noire, aux vitres fumées opaques, munie d’une plaque minéralogique CC (corps consulaire) et suivie d’une jeep patriote blanche, immatriculée BB-51281, lui obstrue brutalement le passage et 4 hommes cagoulés vêtus de treillis couleur terre, Galils à la main, jaillissent de la voiture.

L’un d’eux frappe violemment le pick-up, ordonnant à son conducteur de s’arrêter immédiatement et, furieux, devant l’étonnement de ce dernier, l’assaille, lui pointant la mitraillette sur la poitrine ... ou pa fout wè sé you kotèj ? Réponse du conducteur : Ki mêlé bouda’m, li pa guin plak oficiel, Kouman poum fè konin !

En fait, il s’agit de Shérif et de ses gardes du corps, armés d’armes de guerre et d’assaut, exerçant leur vindicte criminelle, en toute impunité, sur de paisibles et honnêtes citoyens haïtiens.

Oh ! Oh ! En 2017, on est au pays de Dessalines et le nouveau colon, le nouvel esclavagiste, un égyptien cette fois, a frappé fort, très fort ! Quel état construit donc le port-de-paisien ?

Et je pense immédiatement à la Lybie et au traffic d’esclaves qui se pratique ces jours-ci, au grand dam des peuples civilisés de la planète... Je pense aux cris d’horreur qui s’élèvent dans le monde entier et aux images macabres de mes frères noirs maltraités et martyrisés en plein 21e siècle. Je pense à Haïti, au peuple nègre que nous sommes, à la démocratie et je m’indigne ! Et je suis révolté !

De quel droit un financier de la campagne de Jovenel Moise, égyptien de surcroît, consul de son état, se trouve à la tête de 4 hommes armés jusqu’aux dents pour veiller à sa sécurité? De quel droit quatre bourreaux, bariolés d’armes automatiques, type Galil, fan’n fwa, peuvent-ils se permettre ce genre d’abus ? Au nom de quoi ? D’après la loi, les seuls à pouvoir circuler avec ces armes de guerre sont membres de la PNH ; Quel poste officiel occupe donc ce blanmannan égyptien pour bénéficier de cette protection d’agents de police ?

Le Gouvernement Moïse a-t-il mis sur pieds, en cachette du peuple souverain, une nouvelle milice armée pour protéger ses amis étrangers qui volent et pillent les caisses du trésor public ?

Finalement, Jovenel Moise ak tout ekip li, pa respecte pep la ! Lap pase nou nan won Tintin !

Financer une campagne donne-t-il tous les droits? Vous met-il au dessus des lois? Il y a quelques mois, étaient mis à l’index pour non respect de contrat d’énergie et financement du black-out, toute une clique incluant Sogener et E-Power, dénoncée par les porte-paroles du palais national et pris à partie par le Président lui-même. Aujourd’hui, ce sont uniquement les représentants de ces mêmes compagnies qui se retrouvent à Paris, avec la délégation officielle et, l’un deux, grand associé à E-Power, pose fièrement, avec son petit drapeau haïtien, au premier rang des personnalités, lors de la rencontre avec la communauté haïtienne.

Le Pays a été vendu au rabais par Jovenel à ces nouveaux exploiteurs, ces vampires, ces assassins économiques, ces nouveaux colons, d’une autre race.

Finalement rien n’a changé, ce sont les mêmes choses qui continuent, les mêmes abus qui se pratiquent, orchestrés par la minorité cupide qui sème la terreur et bénéficie des avantages du pouvoir. 

Même Réginald Boulos et son Forum Economique ne se sont jamais permis de se comporter de la sorte ... En votant pour le changement, le peuple n’a fait, en réalité, que changer de misère !

Cette tentative d’assassinat organisée par ce colon égyptien, transformé en chef de gang de zenglendo, aurait du faire l’objet d’une plainte en bonne et due forme devant qui de droit, mais.. la vie d’un petit nègre a plus d’importance que réclamer une Justice qui ne sera jamais rendue au pays gangrené par la corruption de Jovenel Moïse.

Philibert Josephson

samedi 9 décembre 2017

Droits linguistiques en Haïti : l’indispensable implication des institutions des droits humains


Par Robert Berrouët-Oriol

Depuis la parution en 2011 du livre de référence « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions » (ouvrage collectif coécrit et coordonné par le linguiste Robert Berrouët-Oriol, Éditions de l’Université d’État d’Haïti et Cidihca), la vision des droits linguistiques au pays fait lentement son chemin et elle s’avère rassembleuse. Cette neuve manière de situer la question linguistique haïtienne –loin des mirages de la diglossie et des errements idéologiques des prédicateurs du « tout en créole tout de suite »–, éclaire une problématique fort complexe déjà abordée avec hauteur de vue par le linguiste Pradel Pompilus dans « Le problème linguistique haïtien » (Éditions Fardin, Port-au-Prince, 1985). L’un des enseignements majeurs du grand éducateur que fut Pradel Pompilus est qu’il ne faut pas diaboliser l’une ou l’autre de nos deux langues officielles au motif que l’une d’elles, le français notamment, serait en soi la cause première du naufrage du système éducatif national.

Dans un article paru le 11 octobre 2017 dans Le National, à Port-au-Prince, « Droits linguistiques et droits humains fondamentaux en Haïti : une même perspective historique », nous avons à nouveau situé la problématique des droits linguistiques en Haïti dans le dispositif plus large des droits humains fondamentaux. Pareille perspective historique mérite d’être mieux comprise et, surtout, d’être inscrite dans une démarche pionnière des institutions haïtiennes des droits humains. Il s’agit là d’un enjeu fondamental car tous les droits citoyens se vivent et s’expriment dans la langue maternelle et/ou dans la langue seconde.

Notre plaidoyer pour la mise en œuvre des droits linguistiques en Haïti est conforme à la « Déclaration universelle des droits linguistiques » de 1996. On entend par « droits linguistiques », dans leur universalité, l’« Ensemble des droits fondamentaux dont disposent les membres d’une communauté linguistique tels que le droit à l’usage privé et public de leur langue, le droit à une présence équitable de leur langue dans les moyens de communication et le droit d’être accueilli dans leur langue dans les organismes officiels » (gouvernement du Québec, Thésaurus de l’action gouvernementale, 2017). L’universalité des droits linguistiques s’entend au sens du « droit à la langue », du « droit à la langue maternelle » et de « l’équité des droits linguistiques ». En vertu du principe que les droits linguistiques sont à la fois individuels et collectifs, l’universalité des droits linguistiques consigne (1) le droit d’une communauté linguistique à l’enseignement de sa langue maternelle et de sa culture ; (2) le droit d’une communauté de locuteurs à une présence équitable de sa langue maternelle et de sa culture dans les médias et dans l’Administration publique ; (3) le droit pour chaque membre d’une communauté linguistique de se voir répondre dans sa propre langue dans ses relations avec les pouvoirs publics et dans les institutions socioéconomiques.

Est-il juste et pertinent, aujourd’hui, de soutenir que les institutions haïtiennes des droits humains doivent nécessairement s’impliquer dans la mise en œuvre des droits linguistiques au pays ? Oui, puisque les institutions haïtiennes des droits humains jouent un rôle de premier plan dans la construction d’un État de droit post duvaliériste en Haïti. Nous en avons dénombré une trentaine, parmi lesquelles la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (POHDH), le Centre oecuménique des droits humains (CEDH), le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR), la Commission épiscopale nationale justice et paix (CE-JILAP), Kay fanm, etc. Alors même que ces institutions sont engagées dans un combat citoyen majeur face à un État démissionnaire cultivant l’impunité, il y a lieu de préciser qu’elles peuvent davantage œuvrer de manière rassembleuse en inscrivant l’exigence de l’effectivité des droits linguistiques dans leur démarche d’ensemble. Car l’expression et la conquête des droits humains fondamentaux passent par la langue : au premier chef elles s’expriment par la langue maternelle de la majorité des citoyens, le créole. De même que l’enseignement en langue maternelle créole permet à l’enfant de se construire adéquatement une identité, l’apprentissage des droits citoyens doit nécessairement s’effectuer en langue maternelle pour être bien compris, mieux assimilé et mis en œuvre de manière durable.

Il pourrait paraitre superflu, à certains, de situer ainsi l’adéquation entre droits linguistiques et droits humains fondamentaux : l’aménagement linguistique conduit dans maints pays nous enseigne pourtant que les droits linguistiques ont invariablement été établis en conformité avec les droits citoyens. Notre plaidoyer est donc conforme à la « Déclaration universelle des droits linguistiques » de 1996.

D’autres raisons plaident également en faveur d’une implication innovante des organisations des droits humains dans le champ linguistique. L’État haïtien est un État faible, il n’a pas de politique linguistique nationale et il n’a toujours pas formulé de politique linguistique éducative comme nous l’avons démontré dans plusieurs textes récents, notamment dans l’article « Politique linguistique nationale et politique linguistique éducative en Haïti : une nécessaire convergence historique » (Le National, 30 novembre 2017). Et cet État ne dispose d’aucune institution de planification linguistique ciblant l’aménagement simultané de nos deux langues officielles. Il faut donc interpeller et contraindre l’État à se doter de cet indispensable outil d’aménagement linguistique comme nous l’avons démontré dans notre « Plaidoyer pour la création d’une Secrétairerie d’État aux droits linguistiques en Haïti » (Le National, 18 avril 2017).

L’aménagement linguistique étant une entreprise hautement politique, il revient à l’État de l’instituer par l’adoption d’une politique linguistique nationale et l’adoption de mesures législatives destinées à la traduire dans les institutions du pays. Mais le paradoxe haïtien, en l’espèce, est d’un poids historique considérable : cultivant l’immobilisme, l’État est lui-même un obstacle à l’aménagement linguistique. Il l’est à la fois dans les institutions nationales et dans le système éducatif alors même qu’il lui incombe d’agir, au plan législatif, pour que l’aménagement simultané de nos deux langues officielles s’enracine à l’échelle nationale. La résolution durable de ce paradoxe réside dans les capacités novatrices de la société civile qui doit en même temps contraindre l’État et l’accompagner sur le terrain de l’effectivité des droits linguistiques en Haïti. Car le respect des droits linguistiques au pays n’est pas un sujet décoratif à débattre dans des discussions de salon : il importe de bien comprendre que les droits linguistiques engagent l’avenir même du pays au titre d’un droit premier, essentiel, dans le dispositif plus large des droits humains. Dans cette optique, les droits linguistiques sont aussi essentiels à l’établissement d’un État de droit que le sont le droit à l’éducation, à la santé, à la liberté d’expression, à la liberté d’association, droits explicitement consignés dans la Constitution de 1987.

En raison de la démission de l’État sur la question linguistique en général et dans le système éducatif national en particulier, il est donc juste et rassembleur de plaider pour l’implication des institutions des droits humains dans le domaine linguistique. L’Histoire a bien montré, le 7 février 1986 et par la suite, que l’effectivité de tout droit en Haïti est un cheminement, une mise en commun, une conquête au creux de luttes citoyennes conduites aussi bien en langue maternelle créole qu’en français. La Constitution de 1987 le reconnaît explicitement lorsqu’elle consacre, en son article 5, la co-officialité du créole et du français : elle établit ainsi l’historicité des deux langues de notre patrimoine linguistique bilingue et ouvre la voie à l’efficience des droits linguistiques dans le grand ensemble des droits citoyens au pays.

Aussi, « Un des apports les plus importants au Droit linguistique consiste dans le fait que la Déclaration [universelle des droits linguistiques de 1996] considère inséparables et interdépendantes les dimensions collective et individuelle des droits linguistiques, car la langue se constitue d’une manière collective au sein d’une communauté et c’est aussi au sein de cette même communauté que les personnes en font un usage individuel. De cette manière, l’exercice des droits linguistiques individuels peut seulement devenir effectif si l’on respecte les droits collectifs de toutes les communautés et de tous les groupes linguistiques. » (Conférence mondiale sur les droits linguistiques (CMDL), Barcelone, 6-8 juin 1996 ; document du Comité d’accompagnement de la Déclaration universelle des droits linguistiques : Institut d’Edicions de la diputació de Barcelona, avril 1998.)

Tel est l’esprit de la Déclaration universelle des droits linguistiques  de 1996 :

–« Considérant la Déclaration finale de l’assemblée générale de la Fédération internationale de professeurs de langues vivantes approuvée à Pécs (Hongrie) le 16 août 1990 laquelle recommande que « les droits linguistiques soient consacrés droits fondamentaux de l’homme » (…) »
–« Article 1.1. Cette Déclaration part du principe que les droits linguistiques sont à la fois individuels et collectifs et adopte comme référence de la plénitude des droits linguistiques, le cas d’une communauté linguistique historique dans son espace territorial, entendu non seulement comme l’aire géographique où habite cette communauté mais aussi comme un espace social et fonctionnel indispensable pour le plein développement de la langue. »

En ce qui a trait à la future action concertée des institutions haïtiennes des droits humains dans le domaine linguistique, on retiendra que la Déclaration universelle des droits linguistiques de 1996 au chapitre « Régime linguistique général (Section I – Administration publique et organismes officiels) dispose de ce qui suit :

–Article 15.2 : « Toute communauté linguistique a droit à ce que les actions judiciaires et administratives, les documents publics et privés, et les inscriptions dans les registres publics réalisés dans la langue propre du territoire soient considérés comme valables et efficaces et que personne ne puisse en prétexter la méconnaissance. »

–Article 16 : « Tout membre d’une communauté linguistique a le droit de s’exprimer et d’être renseigné dans sa langue dans ses rapports avec les services des pouvoirs publics ou des divisions administratives centrales, territoriales, locales et supraterritoriales auxquels appartient le territoire où cette langue est propre.

–Article 20 : « Chaque personne a le droit d’utiliser oralement et par écrit, dans les tribunaux de justice, la langue historiquement parlée sur le territoire où ils sont situés. Les tribunaux doivent utiliser la langue propre du territoire dans leurs actions internes, et, si à cause de l’organisation judiciaire de l’État, la procédure doit avoir lieu hors du lieu d’origine, il faut continuer à utiliser la langue d’origine. »

Montréal, le 8 décembre 2017

Robert Berrouët-Oriol

samedi 28 octobre 2017

L’origine du mot "Sankoutcha"

Patrouille américaine en 1915. Crédit photo Pinterest 
Le lieutenant Jack McArthur de l’armée américaine habitait le bas de Turgeau, à Port-au-Prince pendant l’occupation de 1915.

C’était un homme qui aimait le bon vin, le champagne, la musique classique, les beaux vêtements, les belles femmes, etc. Il se distinguait par sa façon de se comporter que ce soit en public ou chez lui.

Il avait beaucoup d’amis car il était très généreux. Mais ce qu’on n’aimait pas de lui, c’était sa façon de prendre congé de ceux qui ne partageaient pas ses idées et ceux qui refusaient de faire ses quatre volontés. “Vo zèt sans cultiòr” (vous êtes sans culture) disait-il souvent aux gens, sur un ton méprisant dans sa prononciation américano-haitienne.

Mais l’Haitien, dans sa déformation du mot, avait entendu “vous êtes sans coutia” et avec le temps, c’est devenu “Sankoutcha” qu’on utilise pour qualifier ceux-là qui n’aiment pas se baigner, qui refusent de se brosser les dents, qui s’habillent n’importe comment, qui mangent n’importe quoi ou avec de la main, qui dorment n’importe où ou n’importe comment, enfin ceux qui se comportent comme un “sans culture”.

Source Jules Faine, Philologie Créole 1937

dimanche 15 octobre 2017

Le clash: forces populaires contre les forces de police (Espagne vs Haiti)

Les victimes de violence au cours des manifestations: Quel en est le traitement? Comment en arriver à des démonstrations des rues “non-violents”?

Le 8 Octobre 2017 ---- Michelle Mevs: Que ce soit en Espagne ou en Haïti, les populations veulent faire entendre leur voix en masse quand les autorités restent sourdes à leur besoins. Actuellement en Haiti: On descend dans la rue parce qu'on est en colère et pour forcer le recul des décisions fiscales abusives des autorités. C'est une forme de pression politique toujours contrecarrée par sa contrepartie: la force policière sous férule gouvernementale. Tout dérapage, toute violence sous-entend victimes qu'ils soient -manifestants et même policiers - inévitable conséquence à bilan variable. Sans ignorer la casse! Violence, victimes, casse, ce qui obligerait à réparation. En Espagne un juge s'y intéresse. Les AUTORITÉS JUDICIAIRES ont certes leur partition à jouer sinon le principe démocratique vacille. Quelques éléments pour expliquer comment cela se passe ou les failles éventuel du système.

Commençons par le principe de “proportionnalité” concernant l´armements à disposition de la force de police comparé à celui aux mains des manifestants. A vrai dire, cela ne rappelle-t-il pas le “fistibal” de David contre la force colossale d'un Goliath? Décrivons-le: la violence des forces de police “armées”, bien communiquées, bien entraînées, bien nourris, en habits adaptés et boucliers de protection, en possession d´armes dissuasives efficaces soit: balles en caoutchouc, gaz lacrymogènes, jets d'eau puissants -- dont l'objectif est de contrôler les dérives mais en Haiti plus récemment de disperser les manifestations.

Tout citoyen du plus ordinaire au plus sophistiqué s'inquiète de la violence et donc évitera de participer aux manifestations des rues -sauf contre paiement pour les plus démunis-, car les armes --abondamment utilisées par les forces de police nationales haïtiennes--- ne correspondent nullement par leur puissance ou efficacité à ceux des manifestants qui sont tout de même assez menaçants, il faut l´admettre . Mais il y a pire: les arrestations arbitraires sans obligation de documentation légales ou sans suivi. Rappelons le mécanisme psychologique de la police: Le bon ordre est de leur côté! Malgré leur crainte de passer pour des pourfendeurs de peuple. La PRESSE VISUELLE leur faisant particulièrement offense.

En comparaison les armes populaires des manifestants en haillon, sans job, affamés et sans recours, -poussés par un fort sentiment d'abandon et d'injustice justice-, consistent en jets de pierre, en fumée intoxicante des pneus, en arrêts de la circulation, blocage des activités de tous secteurs, recours à la casse assez souvent. Psychologiquement: la peur au ventre, des blessures, contusions graves ou moins graves qui ne trouveront aucun traitement hospitaliers gratuits, arrestations, et au-dessus d'eux la mort qui plane. Néanmoins, loin de décourager les participants, toute contre-attaque policière ne fait que radicaliser une population sous pression de l'urgence, avide d'un changement. La PRESSE lui servant de moyen de transmission à un plus large publique.

QUESTIONNEMENT: La charge de la force policière contre les manifestants est-elle condamnable par la justice? Quand les policiers suivent les ordres venus d'en haut en vue de -- disperser la foule des manifestants ou de stopper leur parcours--, quelles devraient-être leur limite d´intervention? Les officiers de police pourraient-ils être individuellement responsables des dérapages, des excès ou agressions brutales, lésions, blessures graves ou légères subies par les manifestants? Et les arrestations? Quand sont-elles justifiées et qui s'en préoccupe, qui en fait le suivi? Autant de questions d'intérêt public. En retour, quand c'est les policiers qui subissent des agressions due aux attaques voulues ou accidentelles des manifestants, serait-il permis de croire que des polices d'assurances les protègent?

En Haïti, ON S'ATTEND AU SCHÉMA HABITUEL LORS DES MANIFESTATIONS: des manifestants subissant des agressions corporelles et eux pour riposter s'activant à la casse. L´assurance internationale omniprésente pourra récompenser les propriétaires victimes, ceux qui ont les moyens de se payer des polices d'assurance à prix d'or. Mais qu'en est-il des autres? Qui en profite? Dans ce cas, les grandes compagnies internationales d´assurance.

_______________________________________________________

PRENONS EN EXEMPLE CE QUI S'EST PASSÉ EN ESPAGNE.

Sur le même sujet, la violence exercée par la Police Nationale lors du référendum en Catalogue du 1er Octobre courant nous interpelle. Les policiers se sont donc déployés avec détermination pour mettre fin à l'activité des bureaux de vote en interdisant l'accès au public, en barricadant les portes. Par la suite, on dénombre plus d'une centaine de blessés. De nombreuses plaintes sont portés par devant la justice contre la police pour utilisation de violence et un juge accepte de les recevoir. Il est intéressant de sonder le point de vue du juge catalan sur la question.

Si pour Madrid siège du gouvernement central espagnol, il s'agissait de restaurer l'ordre constitutionnel à tout prix, par contre, pour la Generalitat de la Catalogne c'était essentiel de confirmer la détermination de la majorité catalane à réclamer leur 'indépendance. Ceci, explique les positions des partis.

PLAINTES DE LA POPULATION ET DE LA POLICE AUPRÈS DE LA JUSTICE:

Au cours de cette opération de police du 1er Octobre à Barcelone des échauffourées ont eu lieux de sorte que de nombreuses plaintes ont aboutis aux main de la justice. Un magistrat a décidé de statuer sur 130 rapports médicaux de “blessures mineures, ecchymoses et écorchures” y compris 2 blessés graves, conséquence de la fermeture imposée par la police de 23 bureaux de vote. A noter d'entre ces plaintes, ceux de 20 agents de police souffrant de lésions et 36 attestations médicales imprécis sur les lieux des faits ou autre inconsistance.

QUE DIT LE JUGE ESPAGNOL sur la question de violence contre manifestants?

1.Le juge ordonne une investigation des faits pour situer les responsabilités lors de la manifestation: L’investigation ou l'enquêest clé dit le juge. A cet effet les enregistrements sur place effectués par le public et les professionnels de la presse seront examinés. Motivation: Le droit sacré qu'ont les citoyens à exprimer leur opinion.

1.Puis, le juge cherche à dési ces lésions sont intentionnelles ou accidentels. Pour cela il lui est nécessaire de faire dans le détail, le lieu précis òu a eu lieu l'incident et comment il s'est produit...

2.De plus, le juge cherche à savoir s'ileut réponse dite “proportionnelle” aux actes des manifestants ou ceux de la police.

3.Le juge ne condamne pas les manifestants au nom du droit demais questionne le critère légal qui sous-tend la convocation à manifestation. "Lo que era ilegal y constitutivo de un presunto delito de desobediencia" era la "convocatoria, organización y promoción del referéndum", razona el juez.

4.Toutefois, il soulignebloquer de manière violente l'action policière et leur créer des tors est condamnable.

5.finalement, Le juge veut déterminer l'esprit derrièla démonstration: Démonstration pacifique ou violente? résistance pacifique ou active ou même engagé dans la provocation?

En Haïti.

L'IMPASSE: Aucune démonstration n'est vraiment pacifique. La peur de dérapage prend la tête et décourage le citoyens alors qu'ils sont nombreux qui souhaitent participer de manière plus active à la politique du pays. Aussi, toute une partie de la société évite la mobilisation sans le vouloir. Attitude qui est nullement inclusive dans cette société en déliquescence et franchement préjudiciable à la majorité démocratique. Quand il y a eu violence, le judiciaire ne devrait-il pas s´impliquer, comme le fait le juge en Espagne, devenir parti-prenante du changement en s'appliquant à recevoir les plaintes des victimes, à l'obtention des bilans ou résultats d´enquête sur les abus fait à chaque démonstration et finalement délibérer sur l'attribution des fautes et fustiger l´irresponsabilité.

UNE QUESTION BRÛLANTE ET ACTUELLE: Quelle alternative trouver quand la norme démocratique ordonne d'accepter la perdurance d'un gouvernement dont la mauvaise gestion, la corruption, ne laisse rien à espérer? Après d'innombrables démonstrations, le déchaînement populaire généralisé fait place à une violence accrue qui ne fait que s'intensifier dans la colère. L'extrême violence ne va-t-elle par faire feu de tout bois au pays?

LISONS DONC L'ARTICLE DU 30 SEPTEMBRE 2017 DU MAGAZINE ON LINE LOOP NEWS PARU SOUS LE TITRE: MANIFESTATION DE CE 30 SEPT. VIGOUREUSEMENT DISPERSÉE. “...Des militants qui chantent : « Jovenel doit partir » dénoncent une certaine violence des policiers qui auraient tiré sur des manifestants, généralement, au niveau des membres inferieures. La PNH a effectué plusieurs arrestations, vigoureusement lancé des bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants dont certains se sont attaqués à des magasins, lancés des pierres, enflammés des pneus et cassés des vitres de voitures. A noter des infiltrations pro-gouvernementales promouvant la violence. Des personnages politiques comme le sénateur Antonio Cheramy, Assad Volcy ou l’ancien candidat à la présidence Moise Jean Charles ont accompagné la marche. Mais aussi des responsables de syndicats comme Josué Merilien”. “...et toute atteinte à leur personne aurait provoqué le drame.

MAIS ENCORE LISONS CE QUE HAITI REPORT A POUR SA PART ANNONCÉ CONCERNANT LE BILAN DE MANIFESTATION DU 5 OCTOBRE 2017 : DÉJÀ DEUX BLESSÉS PAR BALLE. Attention: Les blessés n'ont pas été signalés. Au moins deux manifestants sont blessés par balle au niveau de Bel-Air. Des témoins affirment que des « hommes en noir » ont pris la foule à partie alors qu’elle sillonne les quartiers populaires afin de se renforcer. Pris de peur, la plupart des protestataires sont présentement dispersés malgré la présence des forces de l’ordre. La « manifestation suivra le même parcours » promet un militant. Les manifestations contre le budget lancées par la COD -Coalition des Organisations Démocratiques- doivent avoir lieu les jeudi 5, samedi 7, mardi 10, jeudi 12, samedi 14 et le mardi 17 octobre 2017. Dans les villes en de province, des manifestations doivent avoir lieu à Petit-Goâve, Saint Marc, aux Cayes, Jacmel, Cap Haïtien et à Ouanaminthe.

RESPONSABILITÉES PARTAGÉES:

Mobilisation, marche, manifestation à répétition...Attendons-nous à des pertes en vie humaine ou à des blessures graves, à des véhicules incendiés, des devantures endommagées. Mais à quoi cela mène-t-il dans le moyen terme? Les institutions de l'état ne comptent-elles pas? Sont-elles seulement inadaptées à résoudre nos problèmes? LE JUDICIAIRE ordonnera-t-il enfin des investigations ponctuelles sérieuses à ces excès de violence et prendra-t-elle charge d´un tel dossier? Faudrait peut-être que la PRESSE à défaut d'autres entités, s'engage elle-aussi à la tâche fastidieuse mais utile du dénombrement exhaustif des victimes que ce soient du côté des manifestants ou de la police ou en biens meubles et véhicules endommagés.

APPEL À PARTICIPATION DE MICHEL-ANGE GEDEÓN, LE DIRECTEUR DE LA POLICE NATIONALE PNH. Lui qui déclarait en 2016 lors de sa nomination:

« La politique a déjà fait du mal à notre institution. Sous mon leadership, je veux une police neutre, loin des clivages politiques, professionnelle, qui assure la sécurité du citoyen, quelle que soit la couleur de sa peau... »

Si en hébreu le mot Gédéon signifie “puissant guerrier”, espérons que l'esprit de ce “Gédéon” qui fut à la fois - juge et guerrier- de l'Israël historique, influe suffisamment de souffle à Michel-Ange pour que -fort de ses propres paroles-, il puisse aider à propulser un nouveau mode de manifestations. Contrairement à ce qui pourrait paraître, sa participation vue sa position d'importance au pays, devient nécessaire au dossier rétablissement de l'ordre d'autant plus qu'il n'est pas chef de police d'un gouvernement mais celui de l´Etat haïtien. A cette fin, une plus forte collaboration avec le judiciaire --qui réglerait les problèmes d´abus en aval--, avec la presse --dont le reportage servirait à produire les évaluations factuels des violences pour permette d'y apporter des rectificatifs--. L'objectif: permettre à tous les citoyens de faire dans la contestation qu'ils soient nantis ou prolétaires, pour manifester --ensemble ou séparément-- sans aucune crainte de menace physique et sans crainte d'agression de la part de la police. Une concertation plus soutenue mais surtout une conscientisation plus citoyenne chez les organisateurs de manifestations liée à une approche plus modérée dans l'utilisation des armes de la police, servirait la non-violence. Le nombre de manifestants importe puisque la démocratie parle de majorité or actuellement seuls le plus hardis ou révoltés et les infiltrés s'y mettent! La violence des manifestations est un outrage d'autodestruction entre haïtiens, elle devrait sinon cesser du moins être contrôlée pour faire à la baisse..

Fin

Bref: Pour en arriver à un mode de démonstration non-violent au pays sans toutefois baisser les bras et bien au-delà...L'engagement de différents secteurs dans cet objectif fédérateur est souhaitable.

Les Organisateurs de démonstrations et contestation divers: Ne devraient-ils pas comprendre que les démonstrations ne doivent pas faire dans la violence mais plutôt dans le nombre. En plus, il est déterminant que ceux-là se trouvent des instruments légaux pour forcer les institutions gouvernementales à agir pour le pays. Qu'ils s'entendent avec les forces de police, les associations, collectifs, et institutions de défense publiques, pour exercer plus efficacement leurs droits de protestation non-violentes, de mobilisation pacifique, de grève concertés. Ne devront-ils pas également travailler aux éventuels recours que sont la révocation de privilèges, les actes d’accusations publiques et les sanctions à renforcer dans un cadre légal et constitutionnel, sans omettre des propositions de réformes?

La Police ne devrait-elle pas questionner la proportionnalité de ses grands moyens de dissuasion par rapport aux outils des dissidents. Mais également maintenir un contact plus serré avec les organisateurs de manifestations qui devront se responsabiliser eux-aussi, de la sécurité des adhérents à leurs mouvements des rues. En ce sens, il ne sera plus nécessaire aux forces policières de chercher à disperser une manifestation si elle est non-violente.

Le Judiciaire Ne devrait-il pas se charger des plaintes suite aux manifestations, ordonner des enquêtes sur les violences encourues par la population? Et justement porter jugement et soumettre des lignes rectificatives selon son bon jugement? Enfin se mettre au travail pour promouvoir l'application des lois.

La Presse ne devrait-elle pas se mettre à encourager la non-violence, produire des bilans exhaustifs post-manifestation, s'engager davantage dans une meilleure compréhension du public quant aux objectifs divergents des protagonistes par des analyses en profondeur tout en esquissant des propositions sérieuses?

Pour avoir un pays d´ordre et de progrès faudra le vouloir, faudra l'organiser. C'est ainsi qu'on aime Haiti et qu'on la souhaite non-violente.

Michelle Mevs

jeudi 12 octobre 2017

Les premières nations

Avant l’arrivée des colons européens sur le continent nord-américain au début des années 1500, le territoire connu sous le nom de Canada était déjà habité depuis plusieurs milliers d’années Par de nombreuses populations autochtones. Ces populations venues de l’Asie du Nord-Est étaient des cueilleurs et des chasseurs de gros gibiers. Elles ont traversé de l’Asie en Amérique en passant par le détroit de Béring lors de la dernière glaciation. À cette époque, un pont de glace reliait les deux continents. Elles se sont, par la suite, retrouvées isolées de leurs territoires de provenance à la déglaciation et ont peuplé le continent de l’Alaska jusqu’au sud des États-Unis.

La naissance de la confédération

La Confédération canadienne, plus généralement connue aujourd’hui sous le nom de Canada, a été créée en 1867 seulement. Cette année elle célèbre son 150e anniversaire. Ce qui veut dire que le Canada est un tout jeune pays. Le nom « Canada » vient du mot autochtone de la nation des Hurons ou des Iroquois « kanata » qui signifie « village ». Au moment de choisir le nom de la nouvelle Confédération canadienne, les politiciens d’alors hésitaient beaucoup entre plusieurs noms différents : le Canada, le Kanata, le Kanada, la Boréalie (le territoire se situant dans l’hémisphère boréal, à contrario de l’Australie qui se trouve dans l’hémisphère Austral). Finalement les Pères de la Confédération ont opté pour le Canada. À l’origine les territoires du Haut-Canada (aujourd’hui Province de l’Ontario), du Bas-Canada (aujourd’hui Province du Québec), du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, tous des colonies de la couronne britannique, se sont unis pour pouvoir résister aux attaques militaires des États-Unis d’Amérique, le nouveau pays hostile au sud de leurs frontières. Très vite, les autres territoires de la couronne britannique au Nord-Ouest ont rejoint la nouvelle Confédération canadienne pour ne pas se faire annexer par les États-Unis d’Amérique qui cherchaient à se créer un immense pays touchant les trois océans sur toute l’étendue du continent.

Relief, divisions géographiques et administrative du Canada

Les deux tiers du territoire canadien sont constitués d’un plateau rocheux appelé le Bouclier canadien. C’est un territoire riche en minerais de tout genre, en eau douce et en forêt. Au centre du Canada se trouvent les vastes plaines intérieures, une région agricole où se concentrent des fermes de plantation et d’élevage ainsi que de gigantesques réserves de pétrole et de gaz naturel. L’ouest du Canada est très montagneux. On y retrouve les Cordillères de l’Ouest dont font partie les fameuses montagnes rocheuses, célèbres pour leurs stations de ski et de plein air.

Le Canada s’étend sur plus de 6 000 kilomètres de l’Atlantique au Pacifique et sur 4 634 km, de l’océan Arctique au Nord à la frontière nord des États-Unis d’Amérique. La superficie totale du Canada est de 10 000 000 de kilomètres carrés. Ce qui fait du Canada le deuxième plus grand pays du monde en territoire, après la Russie et le seul dont les frontières continues touchent à trois océans. La devise du Pays est : « A mari usque ad mare » qui signifie : D’un océan à l’autre ».

Le pays est administrativement divisé en 10 provinces : Terre-Neuve et le Labrador, l’île du Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau- Brunswick, le Québec, l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique et 3 territoires : Le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut. La ville d’Ottawa est la capitale et le siège du gouvernement fédéral tandis que la ville de Toronto est la mégalopole et le centre économique et financier du pays. Si territorialement le Canada est un immense pays qui possède d’innombrables ressources naturelles, son poids démographique et politique sur la scène mondiale en est tout autrement. La population du Canada est seulement de 36 591 241 habitants, soit environ 3 fois celle d’Haïti. À titre de comparaison, les États-Unis ont une population de 327 258 952 habitants (environ 10 fois celle du Canada); la Chine possède 1 382 494 824 habitants (environ 38 fois celle du Canada). En dépit de cette faible démographie, le Canada est un des pays du monde où la population a un très haut niveau de vie et où il fait vraiment bien vivre.

Système de gouvernement

Si à l’origine en 1867 la Confédération canadienne relevait de la couronne britannique, cette situation a changé depuis déjà plusieurs décennies, avec le rapatriement constitutionnel de 1982. Aujourd’hui le Canada est un pays totalement indépendant de l’Angleterre. Cependant, pour des raisons historiques, culturelles et géopolitiques, il subsiste encore de très forts liens entre les deux pays. La reine d’Angleterre est encore désignée comme étant la reine du Canada, mais son pouvoir n’est que symbolique et folklorique. Son visage figure encore sur le billet de vingt dollars canadiens. Le pouvoir politique est détenu par le Premier ministre élu au suffrage universel et son gouvernement, le Parlement canadien constitué de la Chambre des communes et le Sénat et par les tribunaux.

Le Canada est donc une monarchie constitutionnelle où le peuple confie le vrai pouvoir de manière libre et démocratique à des élus qui ont la responsabilité de former un bon gouvernement pour défendre et promouvoir ses intérêts. Depuis 2015, les Canadiens ont élu Justin Trudeau, du Parti libéral du Canada, Premier ministre pour un mandat de quatre ans. Malgré sa relative jeunesse, Justin Trudeau a pu se démarquer tant sur la scène nationale qu’internationale avec ses idées progressistes, son charme, son charisme et ses positions diamétralement opposées à celles de l’actuel président américain sur une multitude de sujets comme : l’environnement, le commerce international, le multilatéralisme, l’immigration, le mariage gay, la décriminalisation de la marijuana, les relations avec Cuba, les opérations militaires à travers le monde, le développement international, l’aide aux pays du Tiers-monde. À l’instar de son père Pierre-Eliott Trudeau qui fut Premier ministre du Canada de 1968 à 1979, Justin Trudeau a su insuffler un nouveau souffle à la politique canadienne et créer un vent d’espoir sur le pays après un long règne du parti conservateur au pouvoir avec l’ex -Premier ministre Stephen Harper. Il a su s’entourer d’une équipe très dynamique et dévouée dont fait partie le député Emmanuel Dubourg d’origine haïtienne et d’alliés comme notre ami Denis Coderre, le très populaire maire de Montréal , qui aime tant parler créole et se proclamer fièrement le premier maire haïtien de Montréal. On peut ici souligner le soutien du maire Denis Coderre envers les migrants haïtiens récemment arrivés au Canada au mois d’août 2017.

Malgré sa très grande stabilité politique et une prospérité économique très enviable, le Canada n’est pas à l’abri de bouleversement politique. En effet la question de l’intégration de la province du Québec à la Confédération canadienne n’est toujours pas réglée. Le rapatriement de la constitution canadienne de 1982 qui a fait du Canada un pays pleinement indépendant de l’Angleterre n’a été signé que par 9 provinces sur 10. Le Québec, la province francophone du Canada, n’a jamais accepté de signer ce document officiel, parce qu’il a toujours estimé que ses intérêts n’y étaient pas suffisamment protégés. Cette situation qui perdure depuis déjà plusieurs décennies a fini par créer chez plusieurs Canadiens du Québec le sentiment que la Confédération canadienne ne veut pas protéger leurs spécificités culturelles françaises et certains de leurs droits acquis en tant que l’un des deux peuples fondateurs de cette confédération en 1867. Ils ont fondé un parti, le parti Québécois dont la mission principale consiste à séparer le Québec de la Confédération canadienne pour en faire un pays francophone indépendant en Amérique du Nord. Le peuple du Québec a répondu NON aux deux référendums populaires organisés en 1982 et en 1995 sur cette question, mais la menace d’un divorce d’avec le reste du Canada demeurera présente tant et aussi longtemps que la question du rapatriement de la Constitution canadienne ne sera pas réglée de manière définitive et satisfaisante pour toutes les provinces.

La diversité démographique

Au fil des siècles, le visage de la population canadienne a beaucoup changé. Au moment de la création de la confédération, la population canadienne était essentiellement composée des nations autochtones, de citoyens d’origines britannique et française. On y retrouvait aussi des Noirs esclaves. Ceux-ci étaient pour la plupart amenés au Canada par leurs maîtres, des colons loyalistes qui avaient fui les 13 colonies anglaises au moment de la guerre de l’Indépendance américaine. Ils s’étaient établis à Halifax, dans la province de la Nouvelle-Écosse, en Estrie, dans la province du Québec et en Ontario. Un peu plus tard, des vagues successives d’immigration ont apporté d’autres citoyens venus de différents pays d’Europe comme l’Irlande, l’Écosse, l’Allemagne, la Pologne, l’Italie, l’Autriche, etc.

La construction de la Transcontinentale, cette voie ferrée qui traverse le Canada de l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique, a facilité l’arrivée de milliers de travailleurs chinois sur le territoire du Canada. C’était les ouvriers à bon marché de cette oeuvre gigantesque. Selon la petite histoire, ces ouvriers chinois avaient pour tâche, entre autres, de poser et d’actionner les charges de dynamite pour faire exploser les sections rocheuses du parcours de la voie ferrée et que pour chaque kilomètre de cette oeuvre, il y a un travailleur chinois qui y a laissé sa vie. Pendant bien des années, le privilège d’habiter sur le territoire canadien était surtout réservé aux Européens. Certains immigrants arrivés par bateau se sont vu refuser l’accès au territoire. Ce fut le cas des Juifs et des Indiens de l’Inde.

Aujourd’hui la population canadienne est très multiethnique. C’est une superbe mosaïque composée de gens venus des quatre coins du monde qui vivent dans une société libre, plurielle, moderne, ouverte sur le monde et de plus en plus consciente de la richesse des différences humaines. Même si les descendants d’Européens sont encore très largement représentés au sein de la société canadienne, il serait assez hasardeux de présenter un phénotype humain particulier comme étant le visage emblématique du Canadien d’aujourd’hui.

L’éternelle question autochtone
 

Si aux yeux du monde le Canada est un pays modèle, pour beaucoup d’autochtones la création de cette confédération a été une source de souffrances et d’humiliations. Plusieurs communautés autochtones ont été dépossédées de leurs terres ancestrales, maltraitées, décimées, affamées, aliénées culturellement, converties de force au christianisme, parqués dans des réserves. Beaucoup de leurs enfants ont été arrachés à leurs familles et confiés à des familles canadiennes afin d’être transformés en de bons petits canadiens de culture européenne. Nombre d’entre eux ont subi des abus sexuels, physiques et psychologiques qui les ont traumatisés, qui ont brisé leurs vies et celles de leurs communautés. Le racisme qu’a subi cette population de plusieurs gouvernements qui ont dirigé ce pays est tout simplement honteux et scandaleux.

Pendant que le gouvernement du Canada dénonçait l’Apartheid en Afrique du Sud sur les tribunes des Nations-Unies, il y avait une certaine forme d’Apartheid à l’intérieur de ses propres frontières. Il y a quelques années encore, plusieurs villages et réserves autochtones n’avaient même pas accès à l’eau courante, ni aux installations sanitaires, ni non plus à l’électricité dans les maisonnettes. Le taux de suicide chez les jeunes, le taux d’alcoolisme chez les adultes et les statistiques sur la violence familiale sont les plus élevés au pays. Beaucoup de femmes autochtones disparaissent ou sont assassinées depuis de nombreuses années dans l’indifférence des autorités policières et publiques. Il en est de même des disparitions et des décès de nombreux jeunes autochtones ayant quitté leurs villages pour venir étudier dans les centres urbains.

Heureusement que les choses changent progressivement. Le gouvernement de Justin Trudeau semble vouloir établir de nouveaux rapports avec les populations autochtones du Canada, à travers ses multiples gestes et déclarations. Les médias relatent de plus en plus les difficiles conditions de vie de ces populations et interpellent les pouvoirs publics. La population canadienne est devenue beaucoup plus sensible aux difficiles conditions de vie de leurs compatriotes des premières nations. Mais le pays a encore beaucoup à faire pour réparer ces injustices séculaires. Le Premier ministre Justin Trudeau est très déterminé à régler définitivement la question autochtone. Espérons qu’il ira jusqu’à abroger la loi sur les Indiens qui fait d’eux des mineurs.

Michelle Mevs et Pierre-Gérald Jean

Haïti, le seul pays où les Nations Unies ont réussi leur Mission. Laquelle?

Honorable député Bob Mondé

Par Frantz R. Mondé, ex-Président de la Chambre des Députés haïtiens. 

A tous ceux qui pensent que les Nations Unies ont échoué en Haïti, ceux-là mêmes qui ont confié le destin de la Patrie commune à l'Étranger sans nom et sans visage,je leur demanderais de clarifier la vraie mission des Nations Unies qui, à mon humble avis, n’était autre que de rendre plus précaire la fragilité de nos institutions et d’accentuer l’instabilité socio politique du pays.

Il fallait prouver au monde entier que les haïtiens étaient incapables de conduire leur pays à bon port se contentant de crier à tout venant qu'Haïti est le premier pays au monde à conquérir son indépendance par le fer et par le sang et à abolir l’esclavage pour tracer le chemin de la liberté aux peuples opprimés du monde entier par la servitude, ce que nous aurons à payer pendant longtemps. Pourtant, nous voilà donc aujourd’hui, nous qui étions jadis si fiers de la geste épique de 1804, nous voilà, disons-nous, acculés maintenant à une occupation déguisée du territoire national durant treize longues années et dont le coût, soit environ 9 milliards de dollars suffirait amplement à promouvoir le développement harmonieux du pays et à assurer la promotion socio économique de l’homme HAÏTIEN. 

O DÉMOCRATIE, que de crimes n’aura-t-on pas commis en ton nom ! En vérité, si Ponce Pilate était encore vivant, ne serait-il pas élu et réélu SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE l’ONU dans le contexte actuel de la politique internationale ou la raison a cessé de résonner chez les membres de cette haute institution internationale, jadis, si prestigieuse.

Aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain, l’unité de pensée et d’action de tous les vrais patriotes s’avère indispensable pour faire un état judicieux des lieux et des propositions concrètes pour un nouveau départ, celui d’un pouvoir décentralisé, de nos institutions renforcées et actualisées aux impératifs de l’heure, d’une gestion saine et rigoureuse de nos maigres ressources, d’une vraie justice pour tous sans distinction aucune, d’une réparation des injustices sociales faites à tout un peuple, de l’adoption d’une stratégie développementiste créatrice d’emplois et de mieux-être, en un mot de toute une pléiade de mesures qui permettra à l´Haïtien de recouvrir sa dignité et sa fierté d’antan et de visionner l’avenir de son pays à court, moyen et long terme.

mercredi 4 octobre 2017

LE RÉGIME MOÏSE-LAFONTANT FRÔLANT LA BANQUEROUTE


Une grosse commande d’équipements lourds effectuée

Transaction portant sur plus de USD 123 millions $; La garantie du prêt assurée par la BRH; Amis et bailleurs de fonds de Moïse en liesse...


Au moment où l’administration Moïse-Lafontant se trouve en butte à la grogne nationale pour n’être pas en mesure de verser les arriérés de salaires à des millions d’employés de l’État, en sus d’une dispute qui fait rage autour du budget criminel illégalement votée et publié, le président Jovenel Moïse a signé un prêt de l’ordre de USD 123 millions $ afin de financerl’achat de matériels lourds. Selon des sources proches du Palais national, cet accord a été passé suite à la garantie donnée par la Banque nationale de la République (BRH) ou Banque centrale, que la dette sera payée « promptement » et intégralement. Cette transaction fait sourciller certains milieux financiers du pays, car présentement Haïti est jugé insolvable, au point qu’aucune des institutions traditionnellement prêteuses d’Haïti n’aurait avalisé une pareille affaire.

En effet, il s’agit de trois contrats portant sur un total d’USD 123 millions 372 025 $ signés par l’équipe Moïse-Lafontant avec trois sociétés haïtiennes, pour le fournissement d’environ 500 unités d’équipements lourds. Avec la signature de ces documents, les compagnies HAYTRAC (Haitian Tractor & Equipment Co. S.A.), Auto Plaza S. A. et Automeca (Auto & Mecanique S.A.) fourniront ces engins lourds à l’État haïtien dont les institutions prioritaires pour leur usage seront le ministère des Travaux publics et des Télécommunications, celui de l’Agriculture et des Ressources naturelles ainsi que celui de la Défense.

Ces trois contrats représentent le plus important signé par l’actuelle administration tèt kale. Il survient dans un contexte de pénurie extrême dans le cadre duquel le gouvernement en place se débat péniblement pour s’acquitter de ses dettes, notamment des arriérés de salaires dus aux employés et fonctionnaires de l’État comme, par exemple, les enseignants et des policiers. Ainsi que des membres du Corps diplomatique et consulaire. Dans les milieux proches de certains consulats haïtiens, on laisse croire que ces agents attendent encore le paiement de leurs salaires pour les mois de juin, de juillet et d’août.

Selon le quotidien Le Nouvelliste, le remboursement des fonds destinés au financement de ces équipements se fera sur 48 mois. Tandis que le matériel, dont la construction commence immédiatement après la signature du contrat, sera livré dans moins de douze mois.

On apprend en outre que la dette est payable en monnaie haïtienne, suivant le taux fixé par la Banque centrale. À en croire une source gouvernementale, les trois contrats ont été analysés « minutieusement » par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) qui n’y a relevé aucune irrégularité. Toutefois, dans une intervention à la station de radio Scoop- FM, le sénateur Rony Célestin a indiqué que cette affaire a été conclue « sans appel d’offres ».

Selon d’autres sources gouvernementales, Auto Plaza S.A. a bénéficié du plus important contrat, soit USD 53 millions 690 mille 275 $, contre 295 pièces d’équipements; la Haytian Tractor s’est vu octroyer USD 41 millions 046 mille 750 $, pour 95 unités; tandis que la Automeca est engagée pour une valeur totale de USD 28 million 636 mille $ et devra livrer 100 unités d’équipements.

Le financement assuré par un consortium de banques haïtiennes

Comme d’habitude, en Haïti, les transactions conclues par les institutions d’État ne sont pas réalisées dans la transparence. Ce qui laisse généralement la porte grande ouverte aux magouilles et à la corruption qui s’installe souverainement ans l’administration publique.

Quoi qu’on puisse faire et dire, les dirigeants du pays n’accepteront jamais de donner accès aux documentations liées à ces transactions. Quoi qu’il en soit, on a appris, de sources autorisées, proches du Palais national, que le financement requis pour faire l’acquisition de ces engins lourds est assumé par un consortium d’institutions bancaires haïtiennes, dont, notamment, la UNIBANK, la Banque de l’Union haïtienne (BUH), la Sogebank, etc.

On explique, par ailleurs, que l’atmosphère dans laquelle se sont déroulées les négociations, en vue de parvenir à la concrétisation du contrat, ont grandement favorisé les clients haïtiens. 

Selon des sources diplomatiques, l’administration en place n’allait pas pouvoir sécuriser un prêt de cette importance auprès des institutions de la haute finance internationale, telles que la Banque mondiale (BM) ou la Banque interaméricaine de développement (BID), car au fil des dernières décennies, Haïti s’est révélé «mauvais débiteur ». Dans le cadre du service de sa dette externe, apprend-on de ces mêmes sources, le pays se débattait péniblement pour verser les échéances, étant parvenu, certaines fois, à devoir jusqu’à trois ou quatre mois à la fois. C’est pourquoi, explique-t- on encore, les institutions internationales avaient fini, plus d’une fois, par «pardonner ses dettes à Haïti ». C’est présentement le cas avec le Venezuela, en ce qui concerne la date d’Haïti par rapport au fonds PetroCaribe. On se rappelle, d’ailleurs, que, en deux occasions, Caracas avait pardonné ses dettes à Haïti.

Qualifié d’« insolvable », par certaines sources bancaires internationales, ces jours-ci Haïti trouve difficilement de preneurs dans le cadre d’une demande de prêt. On laisse croire que tel aurait été le cas pour l’acquisition de ces équipements.

Mais une telle situation fait l’affaire des dirigeants haïtiens. Car cessources diplomatiques ont encore précisé que sans avoir à s’astreindre au contrôle des institutions bancaires internationales, les acteurs haïtiens ont les coudées franches pour « magouiller », « escroquer », « surfacturer » et se livrer à toutes sortes d’opérations liées à la corruption,sans s’inquiéter nullement du « droit de regard » que s’attribuent généralement les représentants étrangers responsables de la gestion des prêts internationaux.

À la lumière de ces explications, on ne doit exclure les possibilités que les parties contractantes ne fassent payer à l’État haïtien plus de deux fois le montant du prix total de la machinerie dont l’acquisition s’est effectuée dans le cadre de cette transaction. Surtout que tous les paramètres utilisés par Michel Martelly et son équipe pour détourner le fonds PetroCaribe sont là.

Certes, les négociations et les opérations ont été conduites dans l’opacité totale; selon le sénateur Rony Célestin, les contrats ont été octroyés « sans appel d’offres »; dans la mesure où les compagnies bénéficiaires de ces contrats sont des proches du régime tèt kale, voire des bailleurs de fonds de Jovenel Moïse ayant financé sa campagne électorale, il y a fort à parier que le copinage a joué pleinement son rôle dans ces transactions.

Il faut également reconnaître que Jovenel Moïse n’a eu aucune gêne à conclure cette affaire au moment où le paysse trouve confronté à une grave crise économique, au point que, en dépit du forcing qu’il a fait pour que soit voté le budget 2017-2018, il n’y a pas encore un budget à proprement parler. Quand on sait également que la Caravane du changement bat de l’aile financièrement, on doit vraiment s’interroger sur les possibilités de l’administration Moïse-Lafontant de rembourser ces millions.

Somme toute, il est impératif que soit ouvert un réel débat sur ces derniers contrats, demanière à porter les acteurs à fournir des explications pertinentes sur les conditions dans lesquelles ont été réalisées ces affaires. Autrement, Jovenel Moïse finira son mandat laissant aux générations futures le poids du fardeau d’une nouvelle dette qui vient s’ajouter à celle du PetroCaribe.

En tout cas, ces contrats doivent faire jubiler les amis et bailleurs de fonds personnels de Jovenel Moïse. Ces derniers ne manquent pas de frotter leurs mains de satisfaction à l’idée de réaliser de juteuses dividendes.

H.O.